Chapitre 2 : L’épreuve

Le 14/02/2020 

J’ai conscience que ce pèlerinage martial à Tokyo est une forme bénigne de crise de la « quarantaine », ce milieu de vie où l’on sent le feu de la jeunesse s’éloigner sans percevoir encore la lumière et la sagesse des jours à venir. C’est une période où l’on se (com)plait à explorer les contours parfois encore sensibles au toucher de nos choix passés.

lemniscateChoisir c’est renoncer, c’est s’amputer d’un possible pour donner vie. En l’occurrence le ninjutsu m’a offert l’occasion de planter un greffon dans le moignon d’une branche coupée il y a 25 ans. Et même si ce choix n’en était pas un, même s’il s’agissait plutôt d’une évidence viscérale, je rends grâce à Cédric et à Damien de me permettre de sentir que ce possible n’est pas tout à fait mort (qui n’aime pas avoir le beurre et l’argent du beurre ? même si ce n’est qu’une partie de cet argent, je prends !).

Ce voyage au Japon revêt aussi à n’en pas douter un caractère initiatique. Or bien rares sont les traditions à ne pas associer initiation et passage dans les flammes, dans un creuset, une descente aux enfers. Pour moi c’est arrivé à la Saint Valentin, mais rien à voir avec Cupidon que je ne remercierai jamais assez pour son tir ajusté.

image oniDe cette journée, je retiens qu’un guerrier qui n’utilise pas ses outils extraordinaires pour combattre ses propres démons en devient un. Il devient en quelque sorte un contresens initiatique. Il emprunte alors une voie sombre, bordée de suivants dociles au milieu de rivaux à dominer.

La bonne nouvelle c’est qu’il est possible d’accoucher d’une école de guerriers pacifiques après la Mandchourie, nul n’est jamais définitivement hors d’atteinte de l’illumination.

Frédéric

Dixième voyage au Japon

Me voilà au Japon, pour un dixième voyage. C’est le troisième durant lequel je pratique le ninjutsu du Bujinkan. Certains diront que je suis en terrain connu mais aujourd’hui j’ai acquis la conviction que l’on est jamais au bout de nos surprises même après tant d’années.

Aussi bien sur la société et la culture japonaise que sur le ninjutsu, on pourra dire que le voyage aura été pour le moins enrichissant.

Malgré quelques petits soucis physiques, j’ai pu me rendre aux cours de Nagato, Nagasé et Shiraïshi.

Chaque cours a été l’occasion de constater « le chemin parcouru » mais également ce qui reste à assimiler, ce qu’il faut « ressentir » pour parvenir au contrôle.

Malgré des cours et des méthodes d’enseignement différents, j’en ai tiré un dénominateur commun qui est le Mutô Dôri.

Le Mutô Dôri… Typiquement le genre de mot japonais qu’on me demande souvent de traduire mais qui ne se résume pas à un seul mot.

Véritable alchimie (dédicace à Cédric) entre l’équilibre, la posture, la distance, le kûkan (l’espace ou le vide en japonais), le timing, etc … Le Mutô Dôri est ce vers quoi on doit aspirer car il permet un contrôle absolu.

Grâce à Hatsumi Soké et les différents Daï Shihan, j’ai confirmé cette impression que le Mutô Dôri ouvre un champ de possibilité infini à tôri alors que uké se voit entravé dans ses mouvements, confiné dans son corps, déstabilisé dans son esprit, et ébranlé dans ses certitudes…

Je me rappelle que durant ma première expérience au Honbu Dôjô ce qui m’a le plus marqué, c’est l’état de sérénité qu’affichaient Soké et les Daï Shihan. J’ai l’intime conviction que cela est dû en grande partie au Mutô Dôri : après tout, quand on contrôle notre corps, notre espace et donc tout ce qui nous entoure, de quoi peut-on avoir peur ?

Le Mutô Dôri a quelque chose d’hypnotique. Il est vraiment dommage de ne pas avoir vu Hatsumi Soké à l’œuvre et de ne pas avoir pu entendre le ressenti de ses différents uké.

Sur un plan plus personnel encore, je repars du Japon demain avec la satisfaction d’avoir un meilleur « feeling » et de moins forcer les choses (grâce à cela, j’ai moins l’impression d’être dans le brouillard a essayer de chercher ce dont j’ai besoin), et aussi la satisfaction d’avoir pu partager quelques expériences avec d’autres ninjas de notre dojo (le onsen en groupe, ‘y a rien de mieux pour le buyû ^_^ ; ).

Bisous à tous.
Mikael

Le travail et la vision

Quelques réflexions sur notre art et comment l’on progresse dans notre pratique.

sculpture-etapes

L’œuvre d’art peut naître d’un appel intérieur, un besoin de découvrir et exprimer cette part de nous-même qu’on ne connaît pas encore, ou simplement d’une envie de réaliser quelque chose, de s’expérimenter dans la matière.

Si l’on fait un parallèle avec la sculpture : je sais d’où je pars, avec quelle matière première -le bois par exemple- et quels outils je vais utiliser, puis je vais appliquer des techniques de base, qui vont me permettre d’avancer de la matière brute vers l’œuvre d’art.

Quand je commence, j’applique les techniques apprises, mais aucun coup de scie, de ciseau ou de gouge, ne donne le résultat final. Chaque mouvement ne fait sens qu’envisagé dans l’ensemble de la démarche.
Cela peut être frustrant, en particulier au départ, car aucune forme ne se dessine et l’on ne peut mesurer l’avancée par les « résultats obtenus ». Il faut alors avoir toute confiance en notre vision.

Ce qui va guider mon travail c’est la vision : vers quoi désirai-je aller, quelle idée, quelle forme vais-je exprimer ?sculpture-croquis
Cela me
donne la direction, même s’il est probable que cette idée ou cette forme évoluent au fil du processus de création : transformé par le chemin emprunté, je deviens une personne différente à mesure que j’avance. Et la personne que j’étais au démarrage serait probablement surprise du résultat final et de qui je suis devenu.

Dans notre art, le sensei et le senpai jouent un rôle crucial, car ils ont déjà parcouru leur propre chemin et peuvent partager leur propre vision, pour que l’on ait une idée de la direction et que l’on perçoive les étapes franchies et celles qui restent à franchir. Ils peuvent aussi nous éviter des écueils, des égarements, voire du découragement, et nous soutenir quand on rencontre un obstacle.

Dans votre pratique ne cherchez pas de résultat immédiat, travaillez vos bases et polissez-les, jusqu’à ce qu’un « résultat » surgisse. Ce dernier a d’ailleurs peu d’importance, il n’est que le révélateur d’un processus de transformation intérieure.
L’essentiel est de parcourir le chemin pour se transformer.

En conclusion :

compostelle

Du pèlerin qui arrive à Compostelle, peut-on dire que c’est son dernier pas qui l’a mené à sa destination ? Ou est-ce chacun de ses pas depuis qu’il s’est mis en route ?

Et l’important n’est pas d’arriver à destination, mais de cheminer… en ayant une vision de la direction que l’on veut suivre. Alors marchons les amis !

A bientôt,
Damien

PS : je pars au Japon le 11 février, en compagnie de Frédéric, retour prévu le 21. Là-bas nous y retrouverons Julia et très probablement Mikaël. Nous vous donnerons des nouvelles régulièrement pendant ce séjour.
Cédric continue à assurer les cours à Mennecy pendant les vacances scolaires, avec les ceintures noires du club, profitez-en un maximum 😉

La nuit des sports de Combat école Polytechnique

 N91

Le mercredi 9 Avril nous sommes conviés à la soirée de démonstration de sports de combat et d’art martiaux à l’école Polytechnique.

C’est une soirée habituellement très conviviale. Nous y sommes tous invités pour nous entraîner et transmettre quelques bases aux élèves de X  qui le souhaitent.

C’est aussi la possibilité d’échanger avec d’autres clubs martiaux.

Bien à vous.

Cédric

 

 

 

 

Dépôt des chèques de la cotisation 2013 2014

Bonjour à tous les membres du Bujinkan Seine Essonne Dojo

Ce message s’adresse aux membres du club ayant payé l’adhésion en plusieurs fois.
Nous n’avons pas déposé de remise sur le mois de décembre 2013 afin de  faciliter vos achats pour les fêtes de fin d’année.
Le samedi 1 février 2014 nous remettrons tous les chèques des soldes des adhérents.
Si des personnes sont gênées financièrement nous prévenir avant.
Le président

En cas de soucis passagers n’hésitez pas à me contacter au 07 62 62 41 55.

Bien à vous

Patrick