Convocation à l’assemblée générale du 27 juin 2020 à 14h en WebConference

Chers amis et adhérents,

J’ai le plaisir de vous informer que la prochaine Assemblée Générale Ordinaire de notre association se tiendra le samedi 27 juin 2019 à 14h sur zoom.

L’adresse de la reunion est https://us04web.zoom.us/j/78481394366?pwd=ZkVYYXdzbzZTY2p5OW56eXIvVElyQT09

L’ordre du jour retenu est le suivant :

  • Rapport moral et financier du Président ;
  • Approbation du budget ;
  • Organisation des cours;
  • Renouvellement du conseil d’administration ;
  • Questions diverses.

Votre présence est naturellement plus que souhaitée, toutefois, si vous n’êtes pas en mesure d’assister à l’Assemblée Générale, le vote par procuration est autorisé.
Vous trouverez ci-joint 

Vous pourrez ainsi vous faire représenter par un adhérent de votre choix.

Je vous rappelle que seuls les membres à jour de leur cotisation peuvent participer à l’Assemblée Générale Ordinaire.

Au plaisir de vous retrouver nombreux sur le tatami, avant et/ou pendant l’Assemblée Générale.

Le président

Pierre-André Paumelle

Chapitre 6 : Le dessert

Le 19/02/2020
Pour les deux derniers jours de notre voyage, nous avons retenu un programme de choix : Une infusion concentrée de Shiraishi avec un nuage de Furuta, accompagné d’Onsen…
Mercredi, avant dernier jour, nous sommes allés voir Shiraishi Sensei au HonbuDojo le matin et à Kashiwa (ChuoTaikukan) le soir, avec au milieu une séance de bains chauds et massage.

Guerrier-pacifiqueLe travail du jour a été, de ce que j’en ai compris, sur la douceur, la continuité et les changements de rythme. Shiraishi sensei insiste beaucoup sur le fait de faire vivre une bonne expérience à Uke (jusqu’au moment où cela se passe mal si la problématique duelle n’a pas été résolue).

La douceur : Il s’agit de ne pas mobiliser la force, les muscles doivent rester relâchés, le touché extrêmement léger, de type haptonomique. Par cette légèreté (« gentletouch, easyyou can do »), Tori se met en relation avec l’ensemble du corps de Uke (voir surement plus que seulement son corps). La douceur (« softness, gentletouch, kindness » jalonnent le discours de Shiraishi) est la base du travail de mise en relation dans l’approche de Shiraishi. C’est une façon d’accueillir Uke en soi pour mieux le contrôler, et le faire voler ensuite diraient certains. Mais je pense que c’est aussi une façon de laisser sa chance à la paix, de reculer au maximum l’échéance de la rupture. Qui n’a jamais vécu cette situation toujours un peu étrange où, resté calme pour une fois, notre interlocuteur en colère se calme de lui-même ? Ne pas laisser prise à l’opposition. Mais ça ne suffit pas toujours, donc ce principe seul n’est pas suffisant.

La continuité : On a souvent l’habitude de pratiquer nos techniques pas à pas, prenant le temps de nous recentrer, de corriger notre position d’un temps fort à un autre. Mais l’approche de Shiraishi est différente. Comme l’essentiel du travail est centré sur l’expérience d’Uke, avoir une position parfaite est moins importante que la fluidité et la continuité du mouvement. Shiraishi insiste beaucoup sur le fait que l’équilibre d’un pratiquant statique est fragile par rapport à celui d’un pratiquant en marche. De même la mobilité douce permet de cacher à la perception d’Uke les micro-déséquilibres auquel il est soumis, chacun plus amplifié que le précédent jusqu’à la chute finale.

Le changement de rythme : Je n’ai pas trop travaillé sur ce principe qui est un peu au-delà de ma maîtrise actuelle. Disons que chaque principe reprend le précédent en y ajoutant une nuance (je parlais de continuité douce précédemment). Il est à noter que ce changement de rythme ne doit pas s’effectuer brusquement sous peine d’être « explicite » et anticipable par un Uke entrainé. Il faut de la continuité dans l’accélération pour surprendre et arriver à une situation désagréable absolument pas imaginable par Uke la seconde d’avant.

Bien sûr, cette pratique n’est pas faite pour apprendre à se battre, c’est plutôt une méthode de progression personnelle. Il faut être absolument convaincu que l’établissement d’un calme intérieur inébranlable (qui est selon moi l’un des piliers de la pédagogie Shiraishi) se traduira par un apaisement concret dans le monde réel, pour trouver du sens à ces exercices.
Si la finalité martiale de cette pédagogie est difficilement perceptible au premier abord, pour avoir bénéficié de quelques frappes « en douceur » par Shiraishi sensei, je ne doute pas de sa terrible efficience à long terme.

Pour ce qui est des bains, j’ai eu le malheur de répondre au masseur qui me questionnait sur l’intensité souhaitée « Bujinkan, don’t be afraid ! ». Encore une fois où j’aurais mieux fait de me taire ! Mais peut-être qu’arriver tout vermoulu et étiré au cour du soir a été une chance pour travailler dans la bonne direction.

Chapitre 5 : Le test

C’est par une très belle matinée au ciel pur et à l’air doucement rafraichissant que nous sommes partis pour le Honbu Dojo assister à un nouveau cours de Shiraishi sensei. Applicant le principe « early is not soon enough », nous arrivons bien en avance (pour une fois…). Il faut dire que pour m’en assurer j’avais soumis Damien à un rétro-planning serré dès son lever, tenant compte tout de même d’une halte à la boulangerie Délifrance… Or en arrivant, nous ne trouvons que quelques élèves désemparés. Shiraishi sensei n’est jamais en retard, il arrive même très souvent avec une heure d’avance (et nous gratifie alors d’une session « pré-training, easy you can do »). Le temps passe, 10h passe et toujours personne. Les premiers commencent à partir. Échangeant avec Alex (Alexander, un ninja viennois épicurien et farouchement sur la voie du guerrier pacifique, bref « un copain de promo »), celui-ci me dit que c’est une épreuve de patience et nous plaisantons sur le thème « when the time is right, the sensei shows up ». On se regarde tour à tour avec Damien et c’est vrai que le temps s’étire, il ne reste plus que quelques élèves.  Au moment pile où nous cédons à notre tour, avant même d’avoir fait ne serait-ce qu’un pas, Shiraishi sensei franchit l’angle du mur du Honbu Dojo dans sa Prius un peu décatie et au coffre surchargé. Et là, festival !Shiraishi

Shiraishi n’a pas d’élève, il nous appelle tous « friend ». Or depuis ce matin-là, que ce soit par « embarras » pour son retard lié à un motif personnel ou en reconnaissance du « tri » effectué parmi les participants, je pense que nous sommes passés dans la catégorie « close friends ». Un cours magique à 6 autour d’un grand sage, nous racontant sa vie entre deux techniques, un « easy, you can do » et un « be gentle, very sneaky ». Et dire que nous avions failli passer à côté avec Damien, ou peut-être que non. Après tout, c’est le genre de moment qui nous fait dire que « c’était écrit ». Mektoub.

Le soir nous sommes allés voir Noguchi sensei. Le dojo était bondé de monde. Il était très difficile d’exécuter les techniques complexes présentées, parfois un peu alambiquées pour un novice de mon acabit (3 tsuki suivis d’un coup de pied, avec Tori virevoltant). De même les traductions simultanées en anglais et en espagnol ne facilitaient pas la compréhension. J’ai pu travailler pour ma part avec un Shihan allemand et bénéficier de quelques conseils de Darren sensei qui semblait assister Noguchi sensei dans la gestion de la séance et dont la stature est conforme à la légende. Au final, je ne suis pas sûr d’être capable d’en ramener grand-chose au Dojo de Mennecy mais c’était une expérience à vivre !

Frédéric

Chapitre 4 : Le repos du guerrier

Le 16/02/2020 : Visite au Bujinkan Office

thinking-ninjaAfin d’éviter d’être mangé tout cru par le faire et le vouloir, il est important de ménager des respirations dans la pratique.
Ce n’est d’ailleurs pas si « inopératif » qu’il n’y parait, certaines fonctions agissant mieux en backoffice quand la conscience n’est pas sans cesse monopolisée par un présent trop intense. On digère mieux après un repas pantagruélique lors d’une bonne sieste pas vrai ?
C’est donc consciencieusement que je me suis appliqué à faire une vraie grasse matinée (alors que, boosté par ce séjour, je dors entre 2h30 et 4h par nuit le reste du temps !!!)

L’après-midi, nous sommes allés chercher les différents diplômes obtenus au sein de notre clan. C’est toujours un moment de fierté, un peu comme si les dan accordés (et donc reconnus) renforçaient l’aura du clan. En tout cas il est certains que plus il y a de pratiquants avec des dan « au dessus » de moi, plus le chemin sera aisé. J’espérais aussi pouvoir entrapercevoir Soke mais ça n’a pas été possible.

bureau-bujinkanfudomyoA 20 min du Honbu dojo à pied se situe un petit local en longueur assez discret, le bureau de Soke. Le seul signe distinctif est un magasin « attrape ninja » situé juste en face (et tenu par un commerçant un peu trop envahissant à mon goût)…et un énorme Bujin peint en rouge sur le rideau métallique, sans parler des statues de divinités qui gardent la porte d’entrée, dont Fudomyo.

Train-to-be-a-NinjaL’ère de l’informatique n’a semble-t-il pas encore atteint le Bujinkan. Les grades, les recommandations, toutes les démarches administratives de tous les membres sur notre planète sont gérés dans des registres papiers ! Le classement est digne des piles de courrier de Gaston Lagaffe. Autant dire que la patience est de mise. Le local est rempli de cadeaux offerts à Soke depuis ses débuts, qui donne l’impression d’être dans une boutique d’antiquité.
Il y règne donc une ambiance pitoresque et plutôt bon enfant au final, baignée d’une odeur d’encens assez sympatique. Il a été difficile de contenir mon hilarité compatissante face aux efforts d’un des gestionnaires pour traduire « Moutardier » en katakana. Je crois qu’on a fini par s’accorder sur un « MOU TA DJI RU » (ムタヂル).

17/02/2020 : Quêtes et Sakura

ShiraishiNous avons commencé par une séance de travail au Honbu Dojo avec Shiraishi sensei sur le thème anodin de comment « prendre » l’équilibre de uke sans le déséquilibrer…
C’est dingue comme ces « easy, you can do » vont me manquer dans quelques jours.

Nous avons ensuite convenus (Damien, Julia et moi) d’une double quête, à la fois gustative et utile puisqu’il me fallait désormais acheter un Kuro Obi. Or, contrairement à mon idée reçue, il n’y a pas de magasin d’art martiaux tous les 50 m à Tokyo, c’est même tout l’inverse, rien à voir avec Paris…

plat restaurant japonJulia nous a donc conduit dans les méandres du métro tokyoïte jusqu’à un restaurant improbable réservé aux initiés parmi les initiés, auquel on accède en passant sous le porche d’un immeuble, composé d’un seul comptoir tout en longueur donnant sur la cuisine.
ParcPuis nous avons visité en route un parc absolument magnifique aux perspectives sans cesses changeantes. J’ai adoré m’y perdre jusqu’à la fermeture. C’était une sorte d’oasis de calme et de sérénité au milieu des buildings de la ville et des autoroutes suspendues. Magique.

MilkshakeAyant finalement réussi à acheter le fameux kuro obi, Damien et moi n’avons pas reculé devant notre devoir de soutien et d’assistance à un membre du clan en grande difficulté. Julia, qui nous guidait sans faillir depuis le matin, s’est trouvée en proie à une extrême tentation incarnée par un Sakura late. Ce produit du démon n’était apparemment disponible que dans une enseigne bien connue que je ne peux nommer ici (pour les curieux, je vous donne deux indices : ça commence par Star et ça finit par buck). Nous sommes donc restés forts pour elle et l’avons accompagné par pure abnégation. Oui, c’est très girly (probablement mon côté Kawaii Ninja) mais c’est effectivement très bon.

De retour à Kashiwa, nous avons été contraints de nouveau de lui porter assistance en terminant la journée par un after à coup de Calpis Sour, puis d’un after d’after sucré, que Julia nous a cordialement invité à déguster dans la chambre de Damien.
Ce genre de coutume s’installe tellement vite 🙂

Frédéric

Chapitre 3 : La percée entre les nuages

Le 15/02/2020

Il m’aura fallu trois cours et l’aide attentive d’un de ses senpaï pour comprendre une partie du sens du travail de Shiraishi Sensei, dont l’enseignement quasi ésotérique m’est de très loin le moins accessible. Et puis soudain « clic ». Et comme toujours avec moi, c’est passé par une posture, une sensation et pas du tout par des mots, ou presque.

Mais avant de développer, ou à l’occasion de, je voulais faire l’inventaire aujourd’hui, en toute humilité et par ordre chronologique, de ma compréhension des approches des différents maîtres que j’ai pu rencontrer à l’occasion de ce début de séjour. Mon objectif est de vous donner envie d’aller les voir et de faire comprendre ce qu’il y a de véritablement enrichissant à pratiquer ici. Peut-être malgré moi sentirez-vous certaines préférences mais je pense qu’il est important de se frotter au plus grand nombre pour arriver à se trouver soi-même, une version martiale du sondage Biba de l’été : Quel ninja êtes-vous ? Moi j’ai trouvé, au moins jusqu’au « test ». Au-delà, le chemin est encore trop flou pour que je puisse en parler.

Nagato senseiLe daymyo vigilantdaymyo

J’ai eu le sentiment d’être en connexion directe avec la tradition impériale japonaise. Bien plus qu’un samouraï, vous aurez la sensation d’entrer dans la demeure d’un daymyo. Le ton est parfois badin mais l’œil est toujours vif. J’ai apprécié qu’il fasse une pause okuden (enseignement oral) au ton libre :«Est-ce que quelqu’un a une question ?». Comme beaucoup de grands maîtres, il consacre l’essentiel de son énergie aux shidoshi et au-delà (ceux ayant passé avec succès le saki test). Même si c’est un peu déroutant, il ne faut pas perdre de vue qu’il s’agit d’un enseignement de haut niveau. Avoir l’occasion de faire Uke au Honbu Dojo quand on est d’un niveau moindre est déjà riche d’enseignements. Attention, si tu es nouvellement shidoshi, attends-toi à servir d’uke toute la séance mais c’est probablement une chance de ressentir beaucoup en peu de temps.

shinobi

Nagase senseile shinobi érudit
Je n’ai fait qu’un seul cours avec lui. Nagase a été, pour moi, celui qui s’est le plus attaché à décrire le lien entre la pratique et la « tradition ninja » du Bujinkan. Il s’agit d’un athlète hors pair ayant soin de relier chaque geste, chaque garde à l’origine historique, notamment aux différents éléments du Shinobi Shozoku. Ce fut très intéressant d’un point de vue historique, voire un peu folklorique. Extrêmement abordable et joyeux en dehors du tatami, il suscite une ambiance studieuse et concentrée durant ses cours. Il faut être vigilant et attentif car ses interventions vont vites, très vites, et il ne répète que très peu. Il accorde tout de même une certaine attention aux non shidoshi (surtout aux ceintures noires), ce qui en fait un cours intéressant pour les débutants et probablement pour les « pré shihan » (mais là bien sûr je parle sans savoir).

Furuta SenseiLe magicien philanthropesamourai-nuage

Selon moi, Furuta fait le lien entre l’enseignement des maîtres du Bujinkan, plus opératif, et celui de Shiraishi Sensei, plus spirituel. Il est celui dont la pédagogie m’a le mieux correspondu. Sa personnalité particulière amène un humour léger et détendu sur un contenu de cours structurés en échelons progressifs.
On part d’une approche similaire à Nagase, sur la précision des gestes et des postures de manière basique au départ. J’ai été assez décontenancé sur l’aspect chorégraphique et haché (ich ni san chi…) de ses débuts de cours. Puis il passe généralement sur les temps entre les temps, le lien entre chaque temps fort de la technique. Il enchaîne ensuite sur la maîtrise de l’espace, pour revenir sur la gestion des durées…
Ses cours oscillent sans cesse entre l’espace et le temps, tendant vers la fusion des deux lorsqu’il aborde sur la fin des notions plus subtiles de relation, d’énergie et de contraction/libération. J’ai trouvé passionnant le travail sur la perception d’uke de l’espace et du temps, et surtout de comment influer dessus.
Il a à cœur de donner un temps pour chacun des participants, souvent valorisant (un fameux « sososo » approbateur) quand on dépasse un peu nos limites. Il prend le temps de répéter de nombreuses fois et d’expliciter son propos, tout en japonais, mais les gestes et la force de son intention permettent une très bonne compréhension du propos. Je me sens à chaque fois balloté sur la grève par les vagues qui partent de lui, et même intérieurement jeté au sol parfois lorsqu’il « libère » brièvement son potentiel intérieur.

Shiraishi Sensei – En partance pour le divinUmegawa_in_Sagami_province

Shiraishi Sensei donne l’impression de ne plus tout à fait appartenir à ce monde. Bon enfant, profondément souriant et chaleureux, il offre souvent des bonbons au début de son cours en scandant « good medecine ». La bienveillance est encore plus marquée qu’au cours de Furuta même s’il anime un cours de cherchant : si, comme moi, vous avez du mal à trouver, il vous laissera chercher encore et encore. J’avoue avoir été parfois un peu lassé de répéter en boucle le même mouvement ne percevant même pas ce qu’il fallait chercher. Mais c’était surtout au premier cours, aujourd’hui ça arrive moins.
Après avoir passé sa vie à réaliser des intégrales martiales affinées au fil de sa pratique avec Soke, Shiraishi nous restitue un art dont la finalité guerrière n’est plus perceptible à mon niveau. Je pense d’ailleurs qu’il n’y en a plus vraiment, ou disons qu’elle est complètement effacée derrière la recherche spirituelle. Il faudrait dériver de manière importante les principes évoqués pour retrouver des armes (qui seraient alors à ne pas mettre à disposition de n’importe quel ego…).
Il est pour moi l’essence du guerrier pacifique qui a su faire la paix jusqu’avec ses démons intérieurs. Probablement pas tous, mais « suffisamment ». Il exerce un peu en marge du Bujinkan.
Je suis sorti de ses cours à chaque fois régénéré et déshydraté, souvent frustré aussi de mon manque de compréhension / maitrise, et depuis peu avec tout de même des pistes à explorer pour les prochaines années. Il faut s’accrocher quand on est petit scarabée, mais ça vaut la peine.

J’ai manqué de disponibilité pour visiter les cours des grands maitres Noguchi, Pedro, Darren et Sakasai. Je ne peux donc pas en parler même si j’ai pu apercevoir leurs élèves et me faire une idée de l’arbre d’après ses fruits, ou disons de percevoir l’énergie dégagée par leur groupe.
Dans la lignée des quizz, je vous laisse deviner dans l’image suivante qui est qui pour moi parmi ces quatre sensei (toute référence à l’univers Marvel est parfaitement fortuite 🙂avengers-shinobi

Frédéric

Chapitre 2 : L’épreuve

Le 14/02/2020 

J’ai conscience que ce pèlerinage martial à Tokyo est une forme bénigne de crise de la « quarantaine », ce milieu de vie où l’on sent le feu de la jeunesse s’éloigner sans percevoir encore la lumière et la sagesse des jours à venir. C’est une période où l’on se (com)plait à explorer les contours parfois encore sensibles au toucher de nos choix passés.

lemniscateChoisir c’est renoncer, c’est s’amputer d’un possible pour donner vie. En l’occurrence le ninjutsu m’a offert l’occasion de planter un greffon dans le moignon d’une branche coupée il y a 25 ans. Et même si ce choix n’en était pas un, même s’il s’agissait plutôt d’une évidence viscérale, je rends grâce à Cédric et à Damien de me permettre de sentir que ce possible n’est pas tout à fait mort (qui n’aime pas avoir le beurre et l’argent du beurre ? même si ce n’est qu’une partie de cet argent, je prends !).

Ce voyage au Japon revêt aussi à n’en pas douter un caractère initiatique. Or bien rares sont les traditions à ne pas associer initiation et passage dans les flammes, dans un creuset, une descente aux enfers. Pour moi c’est arrivé à la Saint Valentin, mais rien à voir avec Cupidon que je ne remercierai jamais assez pour son tir ajusté.

image oniDe cette journée, je retiens qu’un guerrier qui n’utilise pas ses outils extraordinaires pour combattre ses propres démons en devient un. Il devient en quelque sorte un contresens initiatique. Il emprunte alors une voie sombre, bordée de suivants dociles au milieu de rivaux à dominer.

La bonne nouvelle c’est qu’il est possible d’accoucher d’une école de guerriers pacifiques après la Mandchourie, nul n’est jamais définitivement hors d’atteinte de l’illumination.

Frédéric

Dixième voyage au Japon

Me voilà au Japon, pour un dixième voyage. C’est le troisième durant lequel je pratique le ninjutsu du Bujinkan. Certains diront que je suis en terrain connu mais aujourd’hui j’ai acquis la conviction que l’on est jamais au bout de nos surprises même après tant d’années.

Aussi bien sur la société et la culture japonaise que sur le ninjutsu, on pourra dire que le voyage aura été pour le moins enrichissant.

Malgré quelques petits soucis physiques, j’ai pu me rendre aux cours de Nagato, Nagasé et Shiraïshi.

Chaque cours a été l’occasion de constater « le chemin parcouru » mais également ce qui reste à assimiler, ce qu’il faut « ressentir » pour parvenir au contrôle.

Malgré des cours et des méthodes d’enseignement différents, j’en ai tiré un dénominateur commun qui est le Mutô Dôri.

Le Mutô Dôri… Typiquement le genre de mot japonais qu’on me demande souvent de traduire mais qui ne se résume pas à un seul mot.

Véritable alchimie (dédicace à Cédric) entre l’équilibre, la posture, la distance, le kûkan (l’espace ou le vide en japonais), le timing, etc … Le Mutô Dôri est ce vers quoi on doit aspirer car il permet un contrôle absolu.

Grâce à Hatsumi Soké et les différents Daï Shihan, j’ai confirmé cette impression que le Mutô Dôri ouvre un champ de possibilité infini à tôri alors que uké se voit entravé dans ses mouvements, confiné dans son corps, déstabilisé dans son esprit, et ébranlé dans ses certitudes…

Je me rappelle que durant ma première expérience au Honbu Dôjô ce qui m’a le plus marqué, c’est l’état de sérénité qu’affichaient Soké et les Daï Shihan. J’ai l’intime conviction que cela est dû en grande partie au Mutô Dôri : après tout, quand on contrôle notre corps, notre espace et donc tout ce qui nous entoure, de quoi peut-on avoir peur ?

Le Mutô Dôri a quelque chose d’hypnotique. Il est vraiment dommage de ne pas avoir vu Hatsumi Soké à l’œuvre et de ne pas avoir pu entendre le ressenti de ses différents uké.

Sur un plan plus personnel encore, je repars du Japon demain avec la satisfaction d’avoir un meilleur « feeling » et de moins forcer les choses (grâce à cela, j’ai moins l’impression d’être dans le brouillard a essayer de chercher ce dont j’ai besoin), et aussi la satisfaction d’avoir pu partager quelques expériences avec d’autres ninjas de notre dojo (le onsen en groupe, ‘y a rien de mieux pour le buyû ^_^ ; ).

Bisous à tous.
Mikael

Premier voyage au Japon

12/02/2020 L’arrivée au Japon
Il est des lieux, rares, qui vous marquent en profondeur au premier contact. Pour ma part cela passe souvent par un sens particulier. Je me souviens par exemple de mon premier pas en Afrique, au sortir de l’avion. La première bouffée d’air chargé de cette odeur a teinté mon âme de manière indélébile, irréversible.

Pour le japon, il s’est agi de la vue. Après 15h de vol j’ai ouvert le store à la demande du personnel, les yeux encore embués d’un sommeil quitté trop vite et à contre-cœur.

Mont Fuji

Mont Fuji

Et ma première vision du japon a été ce volcan découpé dans la lucarne du hublot. Était-ce un restant d’état onirique, une projection inconsciente ou simplement l’effet du décalage horaire sur mon cerveau étonné de trouver le jour là où devrait être la nuit ? Je me souviens m’être dit, incrédule : « Mais tout ce qu’on raconte sur ce mont est vrai ! ». Il s’agit d’un lieu véritablement vivant à la majesté surnaturelle.

 

Un peu perdu, j’ai suivi Damien dans les méandres du métro pour rejoindre Kashiwa, admiratif du système ferroviaire nippon (moi qui suit un ancien cheminot…)… et des japonais. Personne pour doubler, resquiller ou chercher à s’imposer. On est vraiment très loin des quais du RER D à gare du nord. Et c’est bon. Je sens bien que je dérange vaguement, que mes manières de gaijin respectueux demandent à s’affiner. Mais la foule, même dense, a perdu son caractère oppressant.
Au Japon, quelque part, on se coupe du stress grégaire de nos rotations quotidiennes, de la pression professionnelle et de la plupart de nos obligations. C’est peut-être une parenthèse régressive et ressourçante à cette époque ou notre pulsion de vie écrasait tout, où nous étions libres de consacrer toute notre énergie à notre propre édification.

13/02/2020 : Premiers cours au Hombu dojo
Au matin nous partons pour le Hombu Dojo (le dojo central du Bujinkan, fondé par Hatsumi sensei) et rencontrons Furuta Sensei. Je pourrais vous parler de notre travail sur le toucher léger, la saisie sans attraper, voire le contrôle de Uke sans utiliser ses mains, très intéressants à mon niveau au demeurant, mais au final ce qui m’a le plus 

Frédéric-yari

A la fin du cours nous avons pu porter -avec précautions- une véritable yari (lance) du dojo de sensei

nourrit ne se trouve pas dans ce qui a été dit ou dans ce que j’ai pu faire en cherchant futilement à reproduire ce qui nous avait été présenté. 

Non, pour moi, la nourriture principale est venue de deux éléments : La façon dont Furuta sensei habite l’espace, le condense et le relâche dans le temps… Et aussi du sol en paille de riz. C’est fou comme on travaille la souplesse de ses ukemis sur ce support pourtant bien plus souple qu’un trottoir !

Le fait d’avoir consacré 2 heures à différents éléments du taï jutsu a exaucé mes besoins d’expérimentation physique et m’a rendu bien plus disponible ensuite au travail quasi uniquement spirituel de Shiraishi sensei le soir même. Loin d’être un « sneaky ninja » je n’en finis pas moins cette journée un tout petit peu plus humble et plus libre..  et en ayant fait l’agréable connaissance de 3 ninja venus de Vienne.

Frédéric

Le travail et la vision

Quelques réflexions sur notre art et comment l’on progresse dans notre pratique.

sculpture-etapes

L’œuvre d’art peut naître d’un appel intérieur, un besoin de découvrir et exprimer cette part de nous-même qu’on ne connaît pas encore, ou simplement d’une envie de réaliser quelque chose, de s’expérimenter dans la matière.

Si l’on fait un parallèle avec la sculpture : je sais d’où je pars, avec quelle matière première -le bois par exemple- et quels outils je vais utiliser, puis je vais appliquer des techniques de base, qui vont me permettre d’avancer de la matière brute vers l’œuvre d’art.

Quand je commence, j’applique les techniques apprises, mais aucun coup de scie, de ciseau ou de gouge, ne donne le résultat final. Chaque mouvement ne fait sens qu’envisagé dans l’ensemble de la démarche.
Cela peut être frustrant, en particulier au départ, car aucune forme ne se dessine et l’on ne peut mesurer l’avancée par les « résultats obtenus ». Il faut alors avoir toute confiance en notre vision.

Ce qui va guider mon travail c’est la vision : vers quoi désirai-je aller, quelle idée, quelle forme vais-je exprimer ?sculpture-croquis
Cela me
donne la direction, même s’il est probable que cette idée ou cette forme évoluent au fil du processus de création : transformé par le chemin emprunté, je deviens une personne différente à mesure que j’avance. Et la personne que j’étais au démarrage serait probablement surprise du résultat final et de qui je suis devenu.

Dans notre art, le sensei et le senpai jouent un rôle crucial, car ils ont déjà parcouru leur propre chemin et peuvent partager leur propre vision, pour que l’on ait une idée de la direction et que l’on perçoive les étapes franchies et celles qui restent à franchir. Ils peuvent aussi nous éviter des écueils, des égarements, voire du découragement, et nous soutenir quand on rencontre un obstacle.

Dans votre pratique ne cherchez pas de résultat immédiat, travaillez vos bases et polissez-les, jusqu’à ce qu’un « résultat » surgisse. Ce dernier a d’ailleurs peu d’importance, il n’est que le révélateur d’un processus de transformation intérieure.
L’essentiel est de parcourir le chemin pour se transformer.

En conclusion :

compostelle

Du pèlerin qui arrive à Compostelle, peut-on dire que c’est son dernier pas qui l’a mené à sa destination ? Ou est-ce chacun de ses pas depuis qu’il s’est mis en route ?

Et l’important n’est pas d’arriver à destination, mais de cheminer… en ayant une vision de la direction que l’on veut suivre. Alors marchons les amis !

A bientôt,
Damien

PS : je pars au Japon le 11 février, en compagnie de Frédéric, retour prévu le 21. Là-bas nous y retrouverons Julia et très probablement Mikaël. Nous vous donnerons des nouvelles régulièrement pendant ce séjour.
Cédric continue à assurer les cours à Mennecy pendant les vacances scolaires, avec les ceintures noires du club, profitez-en un maximum 😉