Mutō Dori

Tout au long du séjour, le concept de Mutō Dori est revenu de manière récurrente, comme un fil conducteur reliant les différents enseignements, avec des expressions telles que « Mutō Dori feeling » ou « Mutō Dori taïjutsu ».

Le présent article est le fruit de réflexions suite aux cours suivis pendant mon séjour au Japon, mais aussi d’échanges avec des professeurs et d’autres élèves, de recherches sur différents sites etc.
Il ne s’agit donc pas de réponses définitives et à prendre au pied de la lettre, mais de pistes de réflexions pour créer votre propre compréhension de ce concept.
Et, évidemment, le plus important, au-delà de la compréhension, est d’expérimenter, de ressentir, de pratiquer sur le tatami et au-délà.

Mutō Dori (無刀取り ou 無刀捕) peut se traduire littéralement par « faire face à l’épée sans être armé », ou « sans tenir une épée ».

Mais la traduction ne donne qu’une très vague idée de ce dont il s’agit : dans le Bujinkan, Mutō Dori dépasse largement l’idée de techniques de désarmement. Il constitue l’essence de la pratique martiale.

Une pont entre esprit et corps

Mutō Dori se situe sur une ligne subtile entre l’esprit et le ressenti. Il incarne l’approche holistique propre aux arts martiaux du Bujinkan, où la technique ne peut être dissociée de l’état intérieur du pratiquant.

Comme l’écrit Masaaki Hatsumi dans Japanese Sword Fighting :

« Mutō Dori commence par le courage d’affronter un adversaire en étant prêt à n’avoir aucune arme. Sans un entraînement approfondi en taijutsu, vous ne pourrez acquérir la maîtrise subtile du Mutō Dori …/… Le cœur du guerrier repose sur la préparation. Le cœur de la nature, ou cœur divin, est fondamental. Ce cœur contrôle aussi le kamae physique. Sans unité de l’esprit et du corps, vous ne comprendrez jamais la raison d’être d’un artiste martial …/… Acquérir la véritable connaissance du Mutō Dori signifie gagner la protection des dieux. »

Cette vision relie directement la pratique martiale à une dimension spirituelle, fortement influencée par le bouddhisme zen : le mouvement naît d’un état d’unité intérieure plutôt que d’un effort volontaire.

La notion de courage

Mutō Dori implique une forme de courage.
Il ne s’agit pas seulement d’oser affronter un adversaire alors que l’on n’est pas armé, mais surtout d’avoir le courage de ne pas penser, de ne pas préméditer, de ne pas savoir ce que l’on va faire.

Face au danger, le pratiquant apprend à agir sans tension mentale excessive, avec un corps détendu et disponible. L’intention rigide – vouloir appliquer une technique précise – devient un obstacle, car elle réduit le champ des possibles.

À l’inverse, l’absence d’intention ouvre la perception : il devient possible de saisir ce qui apparaît dans l’instant. Le mouvement cesse d’être planifié pour devenir vivant. Chaque situation peut alors engendrer une réponse nouvelle, créative et adaptée.

Devenir « zéro »

Pour cela, tori doit devenir zéro.

Être zéro signifie :
– ne pas chercher, imposer, anticiper
– laisser venir dans l’instant, sans intention
– disparaître, être « rien ».

Tout devient alors possible. Lorsque tori devient « rien », alors peut alors naître « il y a ».

Mais être zéro ne concerne pas seulement tori.
On cherche aussi à amener uke à zéro, c’est-à-dire à un état où ses possibilités disparaissent :
– impossibilité d’utiliser sa force
– impossibilité d’appliquer une technique
– impossibilité de fuir…

Le contrôle naît alors non d’une opposition directe, mais d’une dissolution des options adverses.

Comprendre les principes plutôt que reproduire les formes

Shiraishi sensei nous a rappelé à plusieurs reprises de ne pas chercher à reproduire exactement les enchaînements montrés. Une technique n’est qu’un exemple momentané, et d’ailleurs Hatsumi soke n’enseignait pas de techniques.

L’objectif n’est pas l’imitation, mais la compréhension des principes.

Et comprendre les principes nous permet développer notre capacité à créer, à chaque instant, une réponse adaptée à ce qui se présente.

Mutō Dori est alors compris comme un processus vivant : la forme émerge de la situation plutôt que d’un modèle mémorisé.

Hatsumi soke - Muto dori
Hatsumi sensei – Mutō Dori

Au plaisir de nous retrouver bientôt sur le tatami !
Damien


Pour aller plus loin :

Quelques concepts connexes

Shizen Shigoku (自然至極), « l’ultime naturel » : un état de spontanéité dépassant toute explication rationnelle.

Banpen Fūgyō (万変不驚), « dix mille changements, aucune surprise » : la capacité à s’adapter à toutes les possibilités.

Kuzushi (崩し), le déséquilibre. Issu du verbe kuzusu (崩す), qui signifie perturber l’équilibre de l’adversaire, et peut aussi se traduire par détruire. Ici ce serait détruire la structure physique et mentale, en mettant uke dans un état de confusion qui l’empêche d’agir.

Voir aussi :

– Un article écrit par Arnaud Cousergue en 2015 Les Muto Dori ne sont pas les Muto Dori – Bujinkan Ninjutsu
– Un article écrit par Julia en 2018 Mûto Dori – Notes | Ninjas Club 91
– Le livre de Hatsumi soke, conseillé par Shiraishi sensei :

Fin de la première semaine

Une semaine intense entre entraînements au dojo, rencontres, et découverte artistique.

Bonjour à tous,

Cette fin de semaine a été bien remplie : beaucoup d’entraînements, de belles rencontres, et de belles expériences aussi bien sur le plan martial qu’humain.

Plutôt que de vous raconter chaque cours les uns après les autres, ce qui alourdirait un peu le blog, je préfère partager avec vous quelques éléments qui m’ont particulièrement marqué ces derniers jours.

Quelques enseignements marquants

Que ce soit dans les cours des sensei Nagato, Shiraïshi ou Furuta, malgré leurs styles très différents, certains principes reviennent constamment. Tous ont insisté sur plusieurs points essentiels.

Trois idées en particulier sont revenues régulièrement dans les cours :
– l’importance du déplacement (taihenjutsu 体術) : être au bon endroit, au bon moment, pour s’ouvrir le plus de possibilités… tout en limitant celles de uke ;
– la nécessité de créer le déséquilibre chez uke avant même de chercher à appliquer une technique ;
– et le feeling muto dori, un concept profond auquel je consacrerai sans doute un article entier.

Nagato soke 4 mars
Nagato soke 4 mars
Furuta soke 5 mars
Furuta soke 5 mars

Un entraînement en petit comité

Jeudi soir, j’étais au au dojo de Shiraïshi sensei à Kita-Kashiwa.

Nous n’étions que trois élèves : les frères Saïto (pour ceux qui les connaissent) et moi. J’ai donc eu la chance de m’entraîner uniquement avec des Japonais.

Ce fut une séance très riche, pendant laquelle j’ai pu travailler sur le relâchement : pas seulement celui des épaules, mais aussi celui des muscles posturaux profonds.

Grâce à l’aîné des deux frères, j’ai pu ressentir à quel point cela fait une différence d’être « relâché » ou d’être vraiment relâché.
Dans le premier cas il se montrait impossible à bouger : stoïque, tranquille et inamovible, il me laissait le temps d’explorer en moi-même les recoins où se nichaient encore des tensions ; et dès que je les relâchais, son corps partait instantanément en déséquilibre, jusqu’à se retrouver au sol (sans que je ne fasse rien de plus !).

Ce fut une leçon à la fois subtile, exigeante et libératrice (en tout cas un début de libération).

En effet il n’est pas impossible que, même dans les gestes de tous les jours, je (on) mette trop de force, trop de tensions musculaires, ne serait-ce que pour se tenir debout, tout en croyant être relaxé.
Reste à trouver comment conserver ce niveau de relâchement au quotidien, pour qu’il devienne le nouveau « naturel »… et à le conserver dans les situations plus stressantes.

Cours Shiraïshi 5 mars

Quand l’art fait écho à la pratique

Enfin, je voudrais partager un moment un peu différent, vécu samedi après-midi.

J’étais invité à une exposition de peinture par une Japonaise rencontrée il y a quelques années au dojo de Kita-Kashiwa. Son mari et son fils participent au cours de karaté qui a lieu juste après celui de Shiraïshi sensei le samedi matin. Comme elle parle très bien anglais, nous avions commencé à discuter… et, au fil des années, une amitié s’est créée.

Cette amie, Yoko Hata, est illustratrice et peintre amateur, elle fait partie d’un club qui exposait dans une petite galerie près de la gare de Kashiwa, assez proche de mon hôtel.

J’ai beaucoup apprécié l’exposition : l’accueil chaleureux de Yoko et de ses amis, la discussion avec son fils sur l’histoire européenne (sa passion), et bien sûr les œuvres présentées.
Mais ce qui m’a particulièrement marqué, c’est la série de peintures de Yoko, réalisées à la gouache. Elle y représente essentiellement des natures mortes de scènes du quotidien. Des sujets simples, très ordinaires… mais dont elle parvient à révéler toute la beauté.

En regardant ces tableaux, je n’ai pu m’empêcher de faire un parallèle avec notre art.
Le ninjutsu part lui aussi d’un geste simple, trivial – un coup de poing ou de sabre, une saisie – pour le transformer en quelque chose de beau, de fluide, voire transcendant.

Et c’est tout l’objet de l’Art martial : partir d’un acte terre-à-terre, le combat, et en faire un outil qui nous aide à devenir de meilleurs êtres humains, voire – pour ceux qui le souhaitent – à transcender notre nature humaine et entrer en contact avec notre nature spirituelle.

Voilà pour cette fin de semaine les amis, à bientôt !
Damien

Japon 2026 – Deuxième jour

Après une vraie nuit de sommeil, c’est un peu plus frais que j’ai pu aborder la deuxième journée, pour participer à deux cours : celui de Shiraïshi sensei le matin, et celui de Tedzuka sensei le soir.

Cours avec Shiraïshi :

Comme toujours, sensei accueille tout le monde par un grand sourire… et des bonbons (pre-training carbs !)

Le cours débutant à 10h, on commence logiquement à s’entraîner « pour s’échauffer » à 9h30 !

En résumé, nous avons revus les fondamentaux des cours de Shiraïshi sensei : marcher, et laisser la marche créer des ouvertures et des possibilités de développement (pour tori bien sûr… parce que pour uke ça ferme plutôt les options !).

On a travaillé à partir de différentes actions de uke : saisie (ou plutôt tentative de saisie) d’un ou des deux poignets, saisie coude et revers du keikogi (saisie type judo), jodan tsuki.

Un des élèves américains, qui venait lui aussi d’arriver au Japon a posé des questions sur le travail / la méthode d’entraînement de Shiraïshi sensei, et sur ce qu’il a appris de Hatsumi soke.
Nous avions la chance d’avoir notre ami Joshua (américain, mais vivant au Japon et parlant couramment la langue!) pour traduire, donc sensei a parlé plus que d’habitude et a développé la logique et les éléments principaux de son travail.

Quelques points clés qu’il a abordé :

  • Il avait son cours le lendemain de celui de soke, ce qui lui permettait de travailler un ou deux points qu’il avait capté la veille.
  • En observant comment soke marchait (y compris dans la rue) il en a tiré sa façon de bouger et de décomposer le mouvement « foot-spine-hand » (pied-colonne-main). Le fait de bouger le corps, que ce soit en transférant son poids d’un pied à l’autre ou en tournant les épaules, va entraîner le mouvement des mains.
  • Il est important de comprendre la ou les idées derrière un kata, parce que dans la réalité les choses ne se passeront pas comme dans le kata, ça n’a donc pas de sens de savoir le reproduire parfaitement. Chaque kata sert à comprendre un ou plusieurs points/concepts/principes.
  • Il faut créer un déséquilibre chez uke avant d’appliquer quelque technique que ce soit. La « technique » n’est qu’une suite logique du déséquilibre d’uke et exploite celui-ci (idéalement, uke ne doit même pas se rendre compte qu’il est en déséquilibre, jusqu’à ce qu’il soit trop tard)
  • Si on décide d’utiliser une certaine technique, on ne sera pas en mesure de l’appliquer, parce qu’on est trop fixé sur « je veux faire ça », et non sur ce qui se passe sur le moment.
  • Réfléchir pendant l’action crée une crispation et ferme les possibilités
  • Le fait de marcher permet de saisir les opportunités quand elles se présentent, sans préméditer, sans rien avoir en tête.
  • Il vaut mieux comprendre la façon de faire, une suite de mouvements simples, qui va faire naître ce qu’on appellera des « techniques », plutôt que d’apprendre une collection de techniques.
  • Tori est donc libre quoiqu’il arrive et peut aller dans toutes les directions selon ce qui se présente. Cela permettrait d’atteindre le plus haut niveau de pratique, le Juppō Sesshō (je ne suis pas certain de ce dernier point)
  • Le dojo est un lieu où l’on est en sécurité (d’où l’importance de s’entraîner avec des amis), et donc l’endroit où on peut (doit?) faire des erreurs, pour progresser.
  • Surtout ne pas reproduire ce que fait Shiraïshi sensei (ou tout autre sensei), mais comprendre les points clés, comment il a construit l’enchaînement qu’il a montré, pour pouvoir créer soi-même
  • Hatsumi soke le disait lui-même : il ne voulait pas des gens qui copient des technique, mais plutôt des gens qui copient un niveau humain, des personnes capables de penser par elles-mêmes, de créer par elles-mêmes.

Cours avec Tedzuka :

En guise d’échauffement, nous avons pratiqué différents katas :
Gohō no kata : omote gyaku, ura gyaku, omote henka, musha dori, musō dori, et le fait de les combiner, en passant d’omote à ura en cours de route.
Sanpō no kata : à partir de ichimonji no kamae (posture en forme de n°1), jumonji no Kamae (posture en forme de N°10), hichô no kamae (posture de l’oiseau)
On enchaîne les formes de façon dynamique, sans s’appesantir dessus, pour préparer le corps, et mettre le mental de côté.
Tedzuka sensei nous a notamment rappelé l’importance d’avoir les épaules relâchées et mobiles, pour un contrôle sans force (et je profite de l’occasion pour remercier Cédric dans un premier temps, et Stéphane actuellement, pour nous avoir formés à travailler de façon subtile et sans force… ce n’est pas le cas de tous les pratiquants du Bujinkan)

Puis nous avons travaillé la yari (la lance) avec uke armé d’un sabre.

Tedzuka sensei en a profité pour nous montrer que les distances changent mais que les principes restent les mêmes.

Il a rappelé que Hatsumi soke disait souvent : travaillez les armes comme si vous étiez à mains nues, et travaillez à mains nue comme si vous aviez une arme (traduction approximative 😉 )


Voilà pour ce deuxième jour.

A bientôt pour la suite (plus ou moins quotidienne) de mes aventures nippones !
Damien

Rentrée 2025-2026

Bonjour,

J’espère que vous avez passé un bon été, et que vous êtes en pleine forme !

Il est temps de reprendre le chemin des tatamis (même si l’entraînement ne s’est jamais vraiment arrêté).

Voici quelques informations pour la rentrée

A Mennecy :

Nous avons changé de dojo, et aurons dorénavant 3 lieux d’entraînement :
Lundi et Mercredi au centre de Loisirs Joseph Judith. L’entrée se fait par le portail du stade Alexandre Rideau, aller jusqu’à l’escalier et descendre au sous-sol (attention, nous devons fermer le portillon à clés pendant les entraînements, prévoyez d’arriver à l’heure)
Samedi à l’école de la Sablière (entrée côté rue de la Sablière, par le portail roulant)
Dimanche (cours avancés) au gymnase intercommunal Nikola Karabatic, rue Louise de Vilmorin

A Soisy-sur-Seine :

Le forum des associations se tiendra ce samedi 6 septembre, de 9h à 14h, au gymnase des Meillottes.
Il n’y aura pas de démonstration cette année.
Les cours reprennent à partir du vendredi 12 septembre.


Au plaisir de tous nous retrouver sur LES tatamis !

Damien

Stage  » Ten Chi Jin  » avec Stéphane Ladegaillerie – 14 & 15 décembre

Bonjour,

Les 14 et 15 décembre, notre club accueillera un stage de Ninjutsu à Mennecy, animé par Stéphane Ladegaillerie, 15ème dan.
Il vous proposera une immersion dans le Ten Chi Jin (Ciel-Terre-Homme), pilier fondamental du Ninjutsu.

Informations pratiques

Dates : 14 & 15 décembre
Horaires : Samedi 10h30 – 18h | Dimanche 10h30 – 16h
Lieu : Salle Gilbert Franco, avenue de Villeroy, Mennecy

Tarifs

Deux jours : 70 €
Une journée : 40 €

Ne manquez pas cette occasion de progresser avec un enseignant qui a près de 40 ans de pratique, et de partager deux jours de pratique enrichissante dans une ambiance vivante et studieuse.
Que vous soyez débutant ou pratiquant expérimenté, ce stage s’adresse à tous les passionnés souhaitant approfondir leur art et leur compréhension du Ten Chi Jin.

Inscrivez-vous dès maintenant pour réserver votre place et rejoignez-nous pour vivre pleinement l’esprit du Ninjutsu !
https://my.weezevent.com/stage-ten-chi-jin-stephane-ladegaillerie

Au plaisir de nous voir sur le tatami.
Damien

Rentrée 2024-2025

Bonjour, j’espère que vous avez passé un bel été.

Voici le temps de reprendre les activités
(même si l’entraînement n’a jamais vraiment cessé de tout l’été 😉 )

Forum des associations

Pour démarrer la saison, nous participons à deux forums des associations :
samedi 31 août à Mennecy (Parc de Villeroy, au niveau de l’Orangerie)
samedi 07 septembre à Soisy-sur-Seine (gymnase des Meillottes)

Nous avons déjà l’heure de la démonstration à Mennecy : nous passons de 17h à 17h15

Celle de Soisy n’est pas encore programmée, mais elle aura très probablement lieu en milieu d’après-midi.

Reprise des cours

Nous reprenons officiellement les cours :
– le 2 septembre à Mennecy
– le 13 septembre à Soisy-sur-Seine

Vous pouvez trouver, sur ce site, les renseignements sur les horaires et tarifs, ainsi que sur le déroulement des cours.

Si vous souhaitez découvrir notre art, le mieux est de venir sur le tatami pour un cours d’essai.
Pour cela il vous suffit de vous présenter à l’heure de début de cours, avec :
– des vêtements souples
– une paire de chaussettes propres
– un bouteille d’eau
– le questionnaire de santé rempli (pour une question d’assurance)
Télécharger le questionnaire de santé (personne MAJEURE) | (personne MINEURE)

Nouveautés

Cette année nous changeons de lieu pour le cours du mercredi, nous serons au gymnase (tout neuf !) de la Communauté de Commune Val d’Essonne, avec une grande et belle salle… dont la hauteur de plafond nous permettra de pratiquer le sabre sans risquer de percer le plafond !

Le nouveau t-shirt du club est en cours de réalisation, et il promet d’être de toute beauté, grâce aux talents de dessinateur de notre ami Roger.
Il devrait être prêt courant septembre, mais vous pourrez en commander un ou plusieurs dès la rentrée, en précisant votre taille S, M, L, XL, XXL (nous n’avons pas encore les tarifs définitifs, mais le prix d’un t-shirt sera compris entre 20 et 30€).

Au plaisir de nous (re)voir sur le tatami, ou en dehors !
Damien

Quelques histoires à propos de Hatsumi soke

Voici quelques anecdotes racontées par divers Daï Shihan* (et qui sont maintenant les Soke de diverses écoles), à propos de Hatsumi soke.
J’ai l’espoir que, non seulement elles sauront vous divertir, mais aussi vous donner à penser.

Masaaki Hatsumi, soke du Bujinkan

Soke était autrefois un homme colérique, il s’emportait facilement (il se serait même déjà battu avec des policiers, heureusement sans grande conséquence pour lui).
Mais au fil du temps, il a appris à se maîtriser et est devenu plus tempéré.
Il dira plus tard qu’il a appris cela de ses élèves. En effet, il considérait qu’il avait autant de professeurs que d’élèves : l’avantage quand on enseigne, c’est qu’on pratique avec tout le monde, et l’on peut donc apprendre de tous.
S’entraîner avec de nombreux élèves différents est donc un bon moyen de progresser techniquement, mais aussi humainement.

Soke ne ménageait cependant pas ses élèves : à l’époque ils pratiquaient dans une salle de 2×4 tatamis avec, d’un côté une baie vitrée coulissante… et il leur faisait faire des ukemi par dessus un sabre qu’il leur envoyait dans les jambes !
A l’un de ses premiers entraînements, le Daï Shihan raconte qu’il y avait un élève, un militaire un peu “bourru”, qui venait quand son service le permettait… et la première fois qu’il l’a rencontré, cet élève lui a déboité l’épaule sur une technique ! Soke s’est approché, a un peu râlé après l’élève, et a remis l’épaule en place le plus naturellement du monde.
Une autre fois, alors que Soke faisait passer un sakki test dans ce petit dojo, l’élève ayant déjà raté 2 fois, Soke a décidé de le faire avec un vrai sabre pour que l’élève sente mieux le danger (!). Et au moment précis où il allait abattre son sabre, l’électricité a sauté et ils se sont retrouvés dans le noir !
L’interprétation du Daï Shihan est que “l’énergie de Soke était trop puissante et trop concentrée pour une si petite pièce ” (l’histoire ne dit pas si l’élève a finalement eu son 5ème dan !).

A un autre des Daï shihan qui, à l’époque, venait d’intégrer le Bujinkan, Hatsumi Soke a demandé: “ Si je te demande de mourir, le feras-tu ?”.
L’élève ne sut que répondre. Il ne voulait pas donner une réponse qui ne soit pas complètement authentique, il ne pouvait pas mentir à Soke. Il a donc juste dit  “Je ne sais pas”.
Pendant des années, il a souvent repensé à cette question.
Il y a quelques années, soit une quarantaine d’années plus tard, il a reparlé à Soke de cette conversation… et celui-ci n’en avait plus le moindre souvenir !
Ce devait être une question sur l’instant, une fulgurance oubliée aussi vite qu’elle était sortie, mais qui aura eu le mérite de faire réfléchir l’élève à propos de son engagement. Il est d’ailleurs encore là, enseignant toujours près de 50 années plus tard.
(et nous a précisé qu’il ne savait toujours pas répondre à cette question!).

Ce même Daï Shihan nous raconte que Soke est un homme très positif, mais qu’avant, il était toujours très sérieux, très occupé et stressé.
Puis il est tombé gravement malade et a mis cinq années à s’en remettre. Cela a eu de profondes conséquences sur son attitude : il a alors décidé de ne plus se stresser et d’être toujours positif.

Ce n’est pas pour autant quelqu’un de gentil : “ Seuls ceux qui ne le connaissent pas bien, disent de lui qu’il est gentil ”. Il pouvait d’ailleurs être très effrayant sur le tatami.
(Takamatsu sensei, qui était lui-même un homme sévère et effrayant, était d’ailleurs extrêmement gentil avec Hatsumi).
De ce que j’en comprends, Hatsumi sensei n’était ni « gentil » ni « méchant » (même si notre cerveau aime beaucoup ranger les choses et les gens dans des cases), je pense qu’il faisait ce qu’il estimait juste, que ça implique de trancher dans le vif, ou de rire de façon tonitruante dans le dojo après une blague grivoise !

Il ne s’agit pas de faire un culte de la personnalité – Soke n’était pas un saint, ni un ascète austère comme l’on pourrait imaginer un grand maître d’arts martiaux – mais on peut apprendre à la fois de son art et de sa vie.
Et l’on peut remercier Soke d’avoir consacré sa vie à apprendre et à intégrer les 9 écoles de guerre qui lui ont été transmises, d’en avoir tiré l’essence du budo sous le nom de “ninjutsu”, et d’avoir créé le Bujinkan.
Ce budo, par une lignée de filiation, en passant par Arnaud Cousergue et Cedric Dehlinger, est arrivé jusqu’à nous.
Il nous permet de passer des moments extraordinaires sur et hors tatami et, je le crois, de devenir de meilleurs êtres humains, plus équilibrés et plus heureux. 

Et pour cela nous pouvons être extrêmement reconnaissants.

Damien

*J’omets volontairement de préciser qui a raconté quoi, ceux qui les connaissent bien reconnaîtront peut-être les auteurs de ces histoires (que ma mémoire ne trahira pas trop j’espère).

Construire son équilibre, faire des erreurs.

Julia au clavier, pour un épisode dépourvu de références culinaires (étonnant!).

Cours au Hombu Dojo mardi matin, avec Shiraishi Sensei. Je retiens 2 points clés qui me semblent importants :

  1. Construire son équilibre

Dans l’interaction avec Uke, la seule chose dont nous soyons vraiment responsables est de construire notre propre équilibre.
A chaque pas, on construit son propre équilibre. Et à chaque pas, on augmente le déséquilibre de Uke. Le déséquilibre ne se fait pas sur un seul mouvement, grandiose et éclatant ; c’est par une succession de petites touches qui vont perturber, désorganiser la posture de Uke.
Comme mentionné précédemment, la technique commence uniquement après que l’équilibre de Uke a été pris, ce n’est pas elle qui permet de prendre l’équilibre !

A chaque pas, Tori reste dans sa posture confortable, voire même augmente son « niveau de confort » ; à l’inverse, chaque mouvement contribue au déséquilibre de Uke en le rendant de plus en plus instable et faible sur ses appuis. La chute (ou la technique) finit par arriver d’elle-même, sans qu’on cherche à l’obtenir.

NB : quand je parle d’augmenter le niveau de confort, je ne parle pas d’un confort « pantouflard » qui viserait à se détacher de la situation pour ne pas avoir à y penser. Je l’entends plutôt comme une façon de prendre soin de soi en respectant son propre espace : se placer à la distance juste pour ne pas se sentir en danger ou en opposition, avoir conscience de son niveau d’énergie ou de ses raideurs du moment… Il s’agit donc d’un confort proche de la notion d’harmonie, de non-résistance à la situation.

Soit dit en passant, c’est une notion fort intéressante à étendre à sa vie quotidienne. Après tout, plusieurs de nos grands maîtres nous indiquent que le Budô est un outil pour mener une vie heureuse.

  1. Faire des erreurs

Autre idée forte qui m’a marquée ce matin : ce n’est pas grave de faire des erreurs. C’est ok de continuer quand même. Il faut continuer quand même.
En continuant à chercher, on peut améliorer, graduellement. C’est en acceptant qu’on se trompe… qu’on peut trouver une meilleure façon de faire.

C’est une démarche que les vrais cherchants n’abandonnent jamais : les grands maîtres continuent chaque jour à polir leur art, même si pour le commun des mortels ils semblent être arrivés au sommet.

Plus j’avance dans la rédaction de cet article, et plus je me dis que se tromper c’est la clé.

Se tromper, c’est accepter que tout ne se passe pas comme on avait prévu. C’est constater que la réalité ne correspond pas au plan qu’on avait en tête (« mais pourquoi il ne tombe paaaaaas ??? »).
Se tromper, c’est s’ouvrir de nouvelles pistes d’exploration : et si au lieu de m’acharner à tirer sur ce bras, je faisais plutôt un pas de côté ?
Se tromper c’est se laisser l’espace nécessaire pour s’adapter, pour accueillir ce qui vient, intégrer dans l’instant les résistances d’un Uke pour les contourner ou aller ailleurs.
Se tromper c’est se laisser la place de la spontanéité, de la créativité, de la joie de tester et de voir ce que ça donne.

A partir du moment où on se place dans le bon axe de recherche, la seule façon qu’on ait d’avancer… c’est de se tromper. Et de continuer quand même. Puis de recommencer.
Se(Ou alors de tout réussir du premier coup, mais ça serait moins drôle ^^).
Sur le chemin de la perfection, puisque le but final est par essence inatteignable… on ne peut faire que se tromper !  Autant le faire avec une solide dose de bonne humeur !

Du coup, puisque de toute façon on est condamnés à se tromper, autant l’accepter gracieusement et ne pas s’attarder dessus. Chaque seconde passée à se fustiger et à se juger après une erreur est une seconde passée à l’arrêt, au lieu de tester une autre solution.
Bien sûr qu’un regard critique sur ce qu’on fait est essentiel, mais constater l’erreur suffit ; si l’on est capables de s’en détacher dans l’instant, on peut passer à la suite.
Se dire qu’on a raté parce qu’on est trop ci ou pas assez ça, c’est une autre façon de rester accroché à notre erreur.
Donc, on peut tout aussi bien admettre qu’on s’est trompés et passer à la suite !
(et ça laisse plus de temps et de disponibilité mentale pour profiter des bonnes choses de la vie, comme par exemple les sushis (au hasard)) (ah si finalement il y a quand même un mot sur la nourriture)

Au final, quand est-ce qu’on réussit vraiment une technique ?
Il m’est arrivé plein de fois de mettre un Uke par terre, sans pour autant avoir la certitude de « réussir ».
il m’est arrivé parfois de vivre des instants de grâce, où corps et esprit s’alignent, et le mouvement se fait facilement sans que je comprenne tout à fait pourquoi Uke valse aussi loin. Je me souviens de l’écho de cette sensation, mais je ne me souviens pas de quels mouvements je faisais au moment où c’est arrivé.
Avoir vécu un instant comme celui-là me parait infiniment plus précieux que de réussir une technique.

En conclusion, je propose le résumé suivant : construisez votre propre bonheur, et trompez-vous joyeusement en chemin !

Ou, en version originale, telle que formulée par Shiraïshi Sensei (et probablement mon mantra des 6 prochains mois) :
 » Do mistake ok, continue do. « 

09/04/24 – jour 9

Aujourd’hui mardi, trois cours sont planifiés pour cette journée avec Shiraishi, Noguchi et Tezuka sensei, un maître que Damien connaissait comme ayant été longtemps (et souvent) le uke de Soke, et qui nous a été chaudement recommandé par une consœur grenobloise.

Le maître est plus jeune que la moyenne, une quarantaine d’années et le cours commence sur les chapeaux de roues.
L’homme est dynamique, souriant, d’une célérité impressionnante, à l’instar d’acteurs de film hongkongais bien connus !
Il enchaîne plusieurs techniques et les décline en différentes versions. Il les présente sous forme de kata aériens et c’est curieux mais particulièrement intéressant de le voir dessiner dans les airs des gestes familiers qui prennent assurément une nouvelle dimension !

Il forme des mudras, des figures avec les doigts, comme dans un épisode de Naruto… et tout comme dans l’animé, les uke volent en tous sens et atterrissent parfois lourdement sur le tatami.
Avec son physique menu, il n’en a pas moins un positionnement à toute épreuve, auquel aucun adversaire ne peut résister. Rémi et d’autres pourront en témoigner également, nous avons tous cru à un moment où un autre perdre un bras, un poignet,… mais si le geste est impressionnant, le résultat est surprenant : aucune perte de membre ni aucune douleur durable !

De plus, il est très attentif à revenir dans le détail sur ce qu’il nous montre, et n’hésite pas à refaire plusieurs fois les techniques, voire à en faire un rappel global à la fin du cours, en un seul enchaînement.
Il ajoute qu’une bonne maîtrise, précise et fluide, des kihon happō suffit, en les combinant, à réaliser toutes les autres techniques.

Nous avons encore du matériel à éplucher pour tendre vers la bonne voie !
Je ne pense pas me tromper en disant que Tezuka sensei fera partie des maîtres qui seront suivis au cours des prochains séjours au Japon.

JC

Point de pivot à mi-parcours

/Julia au micro/

Samedi 6 avril : cela fait quasiment une semaine que je suis arrivée ici. Tout le monde guette l’éclosion progressive des sakura, un peu tardive cette année à cause d’un mois de mars plutôt frileux. Mon acclimatation est complète, le jetlag est résorbé, je ne me cogne presque plus aux gens dans la rue, et grâce à des efforts quotidiens j’ai un niveau de chutoro dans le sang qui commence à être satisfaisant (certaines personnes sont choquées à l’idée de manger des sushis tous les jours, sachez que ce genre de considération ne m’arrête certainement pas).

Je me lève ce matin, heureuse de notre sortie à Kamakura et Enoshima la veille (le billet narratif suivra dans un prochain épisode), mais percluse de courbatures et raideurs diverses. Je tente d’apaiser les kamis grognons qui logent dans mes mollets et mes lombaires… avec un sandwich à l’œuf, autre merveille culinaire secrète locale : deux tranches de pain de mie avec un genre d’œuf mimosa en guise de garniture, à première vue rien d’excitant mais je vous recommande de tester, ça a plus de charme que ça n’en a l’air!

Bref, sur ces entrefaites, nous arrivons au cours de Shiraishi-Sensei dans son dojo de Kita-Kashiwa. La lumière est belle, les gens sont souriants, nous retrouvons avec plaisir les visages familiers de quelques élèves, japonais et autres.

Shiraishi-Sensei commence par nous montrer sa version actuelle des Sanshin No Kata : ce sont des versions de travail, qui peuvent être pratiquées seul(e). Il nous donne des indications de déplacement, mais surtout de comment amener les frappes pour qu’elles émergent vraiment du mouvement du corps. Par exemple, sur le Sui No Kata, juste après le premier Ichimonji/Uke Nagashi, il nous fait placer la main droite sur le front ; et elle est propulsée par la rotation de la colonne vertébrale lors du pas en avant. C’est flagrant quand on le regarde : les frappes émergent du mouvement du corps, on retrouve encore notre fameux « Foot, Spine, Hand ». Dans son geste, tout est cohérent, et sans paraître fournir un grand effort, on sent qu’il développe une puissance phénoménale.

Au cours des 10 premières minutes, je réalise que… je ne sais pas faire Ichimonji (ça alors !!!). Plus précisément, je prends conscience que mon mouvement n’est pas du tout unifié : à chaque fois que je fais un pas et que je cherche à faire quelque chose de mes mains,  c’est comme si chaque étage bougeait un peu tout seul. Ça manque de cohésion, d’harmonie globale. Après des années à m’entraîner à isoler chaque segment pour affiner et contrôler mon mouvement, je constate que tout est morcelé et que cela m’empêche d’être dans le timing juste, dans le flow naturel. Et que ça me fait forcer à des endroits où ce n’est pas nécessaire.

A un certain niveau, je perçois que ce manque d’unité dans mon geste est lié à mon état mental. Ma posture morcelée se fait le reflet de tous mes tiraillements internes, de mon envie de faire, d’imposer à l’autre mon idée de ce qu’il doit se passer, de vouloir être quelqu’un ou quelque chose. Ces tiraillements éparpillent mon mouvement, mes pieds sont oubliés alors que mes mains cherchent à attraper des résultats, ma colonne ne transmet plus, et ma tête… alouette.

Le cours se déroule, j’essaie de me détendre du mieux que je peux. A la pause, je demande à Damien de me montrer la vidéo qu’il a faite du cours : en me voyant à l’écran, je fais le même constat, je vois tous les moments où mon mouvement n’est pas en harmonie et ça « crisse ». Je vois ce que ça raconte de mes dissonances intérieures. Pas forcément agréable pour l’ego sur le coup, mais ça m’aide aussi à voir dans mes angles morts. Le cours reprend, le travail continue.

Shiraishi Sensei nous montre d’autres variations autour des mêmes points clés : se déplacer, prendre l’équilibre de Uke, puis dérouler la technique une fois que tout est rendu facile, en agrémentant progressivement de quelques shutôs. Chaque mouvement est construit, avec une précision discrète, pour arriver exactement là où Uke ne l’attend pas, là où il ne peut pas opposer de résistance. Chaque mouvement prépare la suite, tout en étant dans la continuité naturelle du précédent : c’est un flot continu, et heureusement qu’il fait des pauses lors de ses explications pour nous laisser une chance de capter ce qui se passe.
Je  travaille avec Saito-san, un des élèves de Shiraishi Sensei de longue date, qui nous laisse à chaque fois pantois par son degré de relâchement et de finesse. Il m’envoie gentiment valser, ma colonne vertébrale fait des zigzags dans tous les sens. Je termine le cours fatiguée, et je me sens lourde.

L’après-midi même, je pars en vadrouille seule de mon côté pour revoir deux amies tokyoïtes que je n’avais pas pu recroiser depuis plusieurs années. La balade me donne l’occasion de profiter des fleurs de cerisiers, que ce soit ceux qui défilent à toute allure par la fenêtre du train qui trace à travers la ville, ou bien dans la petite rue anonyme avec son petit canal bordé d’arbres et peuplé de carpes (le canal, pas les arbres). Les retrouvailles avec mes deux amies me font du bien au cœur, il est des partages qui vont au-delà de la langue et des cultures.
J’enfonce le clou de cet après-midi self-care en allant à l’onsen, et en m’offrant même un long massage shiatsu, ce qui m’aide à faire la paix avec ce que je sens dans ma tête et dans mon corps. La détente amorce une certaine harmonie, je n’arrive presque plus à me souvenir de ce qui me préoccupait tant le matin même. Le soir en rentrant, mon état d’esprit est considérablement allégé !

Le lendemain dimanche, nous allons au Hombu Dojo pour le cours suivant de Shiraishi-Sensei. Quelque chose semble avoir mûri pendant ces dernières 24h, en tous cas j’entre sur le tatami avec le sourire. Effectivement, quand le cours commence, j’ai l’impression d’avoir l’esprit plus clair, plus tranquille.

Je sens, sur un pas en arrière, que mon poids vient se caler naturellement au-dessus de mon pied et que la rotation de la colonne vertébrale est équilibrée, il y a un axe. Bien sûr, on est loin de la perfection, mais… ça a la saveur d’un rayon de soleil qui perce à travers les nuages.

Le travail continue 🙂