Fin de la première semaine

Une semaine intense entre entraînements au dojo, rencontres, et découverte artistique.

Bonjour à tous,

Cette fin de semaine a été bien remplie : beaucoup d’entraînements, de belles rencontres, et de belles expériences aussi bien sur le plan martial qu’humain.

Plutôt que de vous raconter chaque cours les uns après les autres, ce qui alourdirait un peu le blog, je préfère partager avec vous quelques éléments qui m’ont particulièrement marqué ces derniers jours.

Quelques enseignements marquants

Que ce soit dans les cours des sensei Nagato, Shiraïshi ou Furuta, malgré leurs styles très différents, certains principes reviennent constamment. Tous ont insisté sur plusieurs points essentiels.

Trois idées en particulier sont revenues régulièrement dans les cours :
– l’importance du déplacement (taihenjutsu 体術) : être au bon endroit, au bon moment, pour s’ouvrir le plus de possibilités… tout en limitant celles de uke ;
– la nécessité de créer le déséquilibre chez uke avant même de chercher à appliquer une technique ;
– et le feeling muto dori, un concept profond auquel je consacrerai sans doute un article entier.

Nagato soke 4 mars
Nagato soke 4 mars
Furuta soke 5 mars
Furuta soke 5 mars

Un entraînement en petit comité

Jeudi soir, j’étais au au dojo de Shiraïshi sensei à Kita-Kashiwa.

Nous n’étions que trois élèves : les frères Saïto (pour ceux qui les connaissent) et moi. J’ai donc eu la chance de m’entraîner uniquement avec des Japonais.

Ce fut une séance très riche, pendant laquelle j’ai pu travailler sur le relâchement : pas seulement celui des épaules, mais aussi celui des muscles posturaux profonds.

Grâce à l’aîné des deux frères, j’ai pu ressentir à quel point cela fait une différence d’être « relâché » ou d’être vraiment relâché.
Dans le premier cas il se montrait impossible à bouger : stoïque, tranquille et inamovible, il me laissait le temps d’explorer en moi-même les recoins où se nichaient encore des tensions ; et dès que je les relâchais, son corps partait instantanément en déséquilibre, jusqu’à se retrouver au sol (sans que je ne fasse rien de plus !).

Ce fut une leçon à la fois subtile, exigeante et libératrice (en tout cas un début de libération).

En effet il n’est pas impossible que, même dans les gestes de tous les jours, je (on) mette trop de force, trop de tensions musculaires, ne serait-ce que pour se tenir debout, tout en croyant être relaxé.
Reste à trouver comment conserver ce niveau de relâchement au quotidien, pour qu’il devienne le nouveau « naturel »… et à le conserver dans les situations plus stressantes.

Cours Shiraïshi 5 mars

Quand l’art fait écho à la pratique

Enfin, je voudrais partager un moment un peu différent, vécu samedi après-midi.

J’étais invité à une exposition de peinture par une Japonaise rencontrée il y a quelques années au dojo de Kita-Kashiwa. Son mari et son fils participent au cours de karaté qui a lieu juste après celui de Shiraïshi sensei le samedi matin. Comme elle parle très bien anglais, nous avions commencé à discuter… et, au fil des années, une amitié s’est créée.

Cette amie, Yoko Hata, est illustratrice et peintre amateur, elle fait partie d’un club qui exposait dans une petite galerie près de la gare de Kashiwa, assez proche de mon hôtel.

J’ai beaucoup apprécié l’exposition : l’accueil chaleureux de Yoko et de ses amis, la discussion avec son fils sur l’histoire européenne (sa passion), et bien sûr les œuvres présentées.
Mais ce qui m’a particulièrement marqué, c’est la série de peintures de Yoko, réalisées à la gouache. Elle y représente essentiellement des natures mortes de scènes du quotidien. Des sujets simples, très ordinaires… mais dont elle parvient à révéler toute la beauté.

En regardant ces tableaux, je n’ai pu m’empêcher de faire un parallèle avec notre art.
Le ninjutsu part lui aussi d’un geste simple, trivial – un coup de poing ou de sabre, une saisie – pour le transformer en quelque chose de beau, de fluide, voire transcendant.

Et c’est tout l’objet de l’Art martial : partir d’un acte terre-à-terre, le combat, et en faire un outil qui nous aide à devenir de meilleurs êtres humains, voire – pour ceux qui le souhaitent – à transcender notre nature humaine et entrer en contact avec notre nature spirituelle.

Voilà pour cette fin de semaine les amis, à bientôt !
Damien

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