Kunoichi

En tant que seule représentante de la gent féminine en vadrouille au Japon dans notre groupe de N91, voici un article à la gloire des filles!

Je découvre chaque jour à quel point la féminité peut être un atout, dans la pratique martiale comme dans la vie de tous les jours. Pendant longtemps dans mon histoire personnelle je l’ai vécu comme un désavantage, mais c’est en train de changer. Si on m’avait dit que ça passerait par la pratique d’un art martial, j’aurais eu du mal à le croire!

Les points forts féminins sont plus subtils que les masculins : on ne peut pas lutter sur le plan de la force physique, et on arrive souvent moins bien à envahir spontanément l’espace de l’autre. Mais comme il est souvent dit, le fait de pas pouvoir compter sur nos gros bras nous pousse dès le départ à chercher d’autres voies.

On peut tout d’abord soigner ses déplacements, pour esquiver au bon moment (après tout, rien ne nous oblige à rester face à un tsuki qui arrive comme une locomotive) et se placer à bonne distance pour prendre l’équilibre de Uke. D’autant plus que la structure de nos hanches nous donne souvent plus de souplesse et nous aide à développer des mouvements justes. On peut aussi se placer dans ses angles morts, là où il ne voit pas, et porter des coups qu’il ne voit pas arriver. Il s’agit d’utiliser le principe du kyojutsu: attirer l’attention sur un point puis frapper à un autre… Par exemple, faire les yeux doux et se rapprocher jusqu’à marcher sur un orteil. Ou comme nous l’a montré Noguchi Sensei, esquiver en levant le pied genre jeune fille effarouchée puis planter le talon sur le pied d’Uke! (ensuite on improvise, des baffes, des torsions, la routine quoi ^^).

On a également intérêt à se servir abondamment des kyushos (points douloureux), qui sont des leviers efficaces contre des partenaires récalcitrants (souvenez-vous, un doigt dans le nez ou dans l’oeil ça fait toujours bizarre). Ou choper des doigts, d’autant plus que souvent on a des mains plus petites et qu’on a du mal à attraper toute la main adverse. Et on est même pas obligées d’attraper: pincer, crocheter, ça marche aussi! On va également jouer sur l’effet de surprise, la fluidité du mouvement, l’utilisation du poids de tout le corps…

Et quand on examine tout ces points forts, oh surprise, on trouve quand même plein de ressemblances avec ce que nous enseigne Sensei! Dingue =) Je crois que c’est pour ça qu’on dit que les femmes peuvent progresser rapidement en ninjutsu, elles ont en fait moins de possibilité de s’égarer dans la voie de la force.

Pendant certains cours, j’ai également ressenti que ma sensibilité (longtemps vécue comme un point faible) pouvait devenir un avantage formidable. Quand on arrive à sentir l’autre tout en restant centré, pas besoin de grand chose pour prendre son équilibre! Et en plus on peut faire ça avec beaucoup de douceur.

Plus j’écris et plus je réalise qu’il n’y a pas grand chose de nouveau dans ce que je dis: ne pas mettre de force ou se placer au bon endroit, c’est ce qu’on travaille à chaque cours. Mais j’ai vraiment senti en venant ici au Japon que  quand Sensei dit que notre art peut s’adapter à tout le monde, c’est vrai. Les femmes ont vraiment leur place sur son tatami.

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8 commentaires sur “Kunoichi

  1. Il paraitrait qu’à partir du moment où les Kunoichi portent la ceinture noire, nous aurions (nous les hommes) le droit de les frapper. Oui mais, que se passera t’il en retour ? vraisemblablement des sensations fortes en émotion dans nos kyushos…

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