Kunoichi Kai, jour 2

Encore beaucoup de moments magiques aujourd’hui! Je vais faire de mon mieux pour retranscrire ce que j’ai vécu et retenu.

Ce matin on a travaillé avec le ken. Sensei évoquait la tsurugi, l’épée des seigneurs. Son maniement repose entièrement sur la qualité du taijutsu, car elle était portée par des gens de très haut niveau qui savaient bouger tout leur corps.

Sensei nous a à nouveau précisé et illustré l’importance des doigts, qui en changeant la tenue de l’épée modifient la direction de Uke et assurent un contrôle simple et total.

Il a aussi insisté sur la distance: la bonne distance est infime, elle est la feuille de papier (ou mieux, la couche de peau!) qui sépare la vie de la mort. Parfois il suffit de quelques centimètres pour que Uke se croie en sécurité, et ce sont les pieds qui vont rentrer dans ce qui reste (pendant que l’attention est focalisée sur la pointe de l’épée). On joue ainsi sur plusieurs niveaux: gedan, chudan, godan, en utilisant le kyojutsu (attirer l’attention sur un point tandis que l’on agit à un autre endroit).

Il nous disait qu’en fait il n’y a pas de kamae ou de techniques spécifiques pour le ken, mais que ce qu’il montre est une combinaison des bases apprises tout au long de ces dernières années (kamae) combinées avec le taijutsu et ce ressenti de la bonne distance.

L’après-midi, le cours a débuté dans la pénombre suite à un petit souci technique. Evidemment, ce qu’on pouvait croire être un désavantage a été tout de suite utilisé par Sensei pour bouger sans que Uke ne le voie, et esquiver et porter un coup simultanément.

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Lunch break… 

Plus tard nous avons eu droit à une démonstration de la part toutes les jugodan kunoichi, c’était extra! Chacune a transmis un point qu’elle pensait primordial pour la « women self-defense ». Je reprends ici certains points, mais j’ai oublié certains des mots de sagesse d’autres intervenantes, sumimasen…

Natascha encourageait les hommes dans les dojos à attaquer leurs partenaires féminines « pour de vrai », sans se retenir. Dans la vraie vie, un homme qui attaque va le faire avec violence, et s’il a une idée de sexe derrière la tête il sera encore plus tendu et agressif. Et dans ces cas-là, les filles doivent apprendre à ne pas se retenir non plus! Porter les coups, sans tension mais en le mettant en danger à son tour.

Sheila nous a parlé de la situation où ce n’est pas un inconnu qui attaque, mais quelqu’un qu’on croyait être un ami qui fait un geste déplacé, auquel cas on peut avoir peur de réagir et de lui faire mal. Elle a mis son Uke par terre en une fraction de seconde et lui a dit très clairement, le genou posé sur son cou: « Don’t do that again. » Quand une femme se bat pour sa vie, elle doit laisser sortir l’esprit guerrier qui est en elle; ce n’est plus la mère, c’est la guerrière qui protège son clan.

Jillian nous parlait du fait que dans une situation qui tourne au vinaigre, les femmes peuvent avoir tendance à rester silencieuses et à se refermer sur elle-même. Quand son Uke l’a attaqué, elle a immédiatement crié au scandale en pointant son doigt vers lui! Il essayait d’insister mais ne pouvait pas s’approcher d’elle, et c’est finalement quelqu’un « du public » qui est spontanément intervenu pour le ceinturer.

Sabine est allée encore plus loin, en disant que le « rapport de force » commence avec l’attitude: une démarche ouverte et confiante ne donne pas une image de victime, mais bien celle de quelqu’un avec qui il faut compter! Quand elle l’a mis en pratique, on a pu voir aussi que ce genre d’attitude permettait de réagir très vite et de s’éloigner tout aussi vite. L’importance de réagir vite a été soulignée dans plusieurs discours.

Vanessa a mentionné que la plupart des femmes pourront réagir vite et sans hésiter quand il s’agit de protéger quelqu’un d’autre, mais qu’elles auront plus de difficultés à se protéger elles-mêmes. Mais au final, survivre, ça veut dire pouvoir rentrer à la maison saine et sauve auprès de ceux qu’on aime. N’importe quel moyen, n’importe quelle action est bonne, du moment qu’on peut rentrer à la maison.

 

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Ce soir, pour clôturer le Taikai et prolonger cette magnifique atmosphère, il y avait une grande fête! On a mangé, bu, parlé, ri, dansé… Et tout le monde ressent cette ambiance particulière, très chaleureuse et nourrissante. Je suis vraiment heureuse d’être là et d’y prendre part moi aussi 🙂

Bisous!

 

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4 commentaires sur “Kunoichi Kai, jour 2

  1. Super tes articles, Julia ! C’est génial que tu sois donné les moyens d’être là pour ce Taïkaï exceptionnel, et que tu nous fasses partager ces moments de bonheur 🙂
    A bientôt, bises
    Damien
    PS: et merci pour ces magnifiques photos de sakura, c’est encore un autre Japon que tu me fais découvrir

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