Japon 2026 – Deuxième jour

Après une vraie nuit de sommeil, c’est un peu plus frais que j’ai pu aborder la deuxième journée, pour participer à deux cours : celui de Shiraïshi sensei le matin, et celui de Tedzuka sensei le soir.

Cours avec Shiraïshi :

Comme toujours, sensei accueille tout le monde par un grand sourire… et des bonbons (pre-training carbs !)

Le cours débutant à 10h, on commence logiquement à s’entraîner « pour s’échauffer » à 9h30 !

En résumé, nous avons revus les fondamentaux des cours de Shiraïshi sensei : marcher, et laisser la marche créer des ouvertures et des possibilités de développement (pour tori bien sûr… parce que pour uke ça ferme plutôt les options !).

On a travaillé à partir de différentes actions de uke : saisie (ou plutôt tentative de saisie) d’un ou des deux poignets, saisie coude et revers du keikogi (saisie type judo), jodan tsuki.

Un des élèves américains, qui venait lui aussi d’arriver au Japon a posé des questions sur le travail / la méthode d’entraînement de Shiraïshi sensei, et sur ce qu’il a appris de Hatsumi soke.
Nous avions la chance d’avoir notre ami Joshua (américain, mais vivant au Japon et parlant couramment la langue!) pour traduire, donc sensei a parlé plus que d’habitude et a développé la logique et les éléments principaux de son travail.

Quelques points clés qu’il a abordé :

  • Il avait son cours le lendemain de celui de soke, ce qui lui permettait de travailler un ou deux points qu’il avait capté la veille.
  • En observant comment soke marchait (y compris dans la rue) il en a tiré sa façon de bouger et de décomposer le mouvement « foot-spine-hand » (pied-colonne-main). Le fait de bouger le corps, que ce soit en transférant son poids d’un pied à l’autre ou en tournant les épaules, va entraîner le mouvement des mains.
  • Il est important de comprendre la ou les idées derrière un kata, parce que dans la réalité les choses ne se passeront pas comme dans le kata, ça n’a donc pas de sens de savoir le reproduire parfaitement. Chaque kata sert à comprendre un ou plusieurs points/concepts/principes.
  • Il faut créer un déséquilibre chez uke avant d’appliquer quelque technique que ce soit. La « technique » n’est qu’une suite logique du déséquilibre d’uke et exploite celui-ci (idéalement, uke ne doit même pas se rendre compte qu’il est en déséquilibre, jusqu’à ce qu’il soit trop tard)
  • Si on décide d’utiliser une certaine technique, on ne sera pas en mesure de l’appliquer, parce qu’on est trop fixé sur « je veux faire ça », et non sur ce qui se passe sur le moment.
  • Réfléchir pendant l’action crée une crispation et ferme les possibilités
  • Le fait de marcher permet de saisir les opportunités quand elles se présentent, sans préméditer, sans rien avoir en tête.
  • Il vaut mieux comprendre la façon de faire, une suite de mouvements simples, qui va faire naître ce qu’on appellera des « techniques », plutôt que d’apprendre une collection de techniques.
  • Tori est donc libre quoiqu’il arrive et peut aller dans toutes les directions selon ce qui se présente. Cela permettrait d’atteindre le plus haut niveau de pratique, le Juppō Sesshō (je ne suis pas certain de ce dernier point)
  • Le dojo est un lieu où l’on est en sécurité (d’où l’importance de s’entraîner avec des amis), et donc l’endroit où on peut (doit?) faire des erreurs, pour progresser.
  • Surtout ne pas reproduire ce que fait Shiraïshi sensei (ou tout autre sensei), mais comprendre les points clés, comment il a construit l’enchaînement qu’il a montré, pour pouvoir créer soi-même
  • Hatsumi soke le disait lui-même : il ne voulait pas des gens qui copient des technique, mais plutôt des gens qui copient un niveau humain, des personnes capables de penser par elles-mêmes, de créer par elles-mêmes.

Cours avec Tedzuka :

En guise d’échauffement, nous avons pratiqué différents katas :
Gohō no kata : omote gyaku, ura gyaku, omote henka, musha dori, musō dori, et le fait de les combiner, en passant d’omote à ura en cours de route.
Sanpō no kata : à partir de ichimonji no kamae (posture en forme de n°1), jumonji no Kamae (posture en forme de N°10), hichô no kamae (posture de l’oiseau)
On enchaîne les formes de façon dynamique, sans s’appesantir dessus, pour préparer le corps, et mettre le mental de côté.
Tedzuka sensei nous a notamment rappelé l’importance d’avoir les épaules relâchées et mobiles, pour un contrôle sans force (et je profite de l’occasion pour remercier Cédric dans un premier temps, et Stéphane actuellement, pour nous avoir formés à travailler de façon subtile et sans force… ce n’est pas le cas de tous les pratiquants du Bujinkan)

Puis nous avons travaillé la yari (la lance) avec uke armé d’un sabre.

Tedzuka sensei en a profité pour nous montrer que les distances changent mais que les principes restent les mêmes.

Il a rappelé que Hatsumi soke disait souvent : travaillez les armes comme si vous étiez à mains nues, et travaillez à mains nue comme si vous aviez une arme (traduction approximative 😉 )


Voilà pour ce deuxième jour.

A bientôt pour la suite (plus ou moins quotidienne) de mes aventures nippones !
Damien

Japon 2026 – Premier jour (impressions)

Quelques impressions du cours de Nagato soke :

On a travaillé différentes formes, à chaque fois Nagato soke insistait sur des aspects différents :
– le déplacement des pieds (ashi)
– déplacer tout le corps (karada)
– la distance
– le kamae…
pour finir sur des formes libres, avec comme consignes : utiliser le même départ… et il faut que ça marche.

Lors de la pause Nagato soke a évoqué :

le kyojutsu et différentes formes qu’il peut prendre (du mensonge au camouflage de la réalité, en passant le mouvement de diversion…), pour conclure sur le changement et l’importance de se changer soi-même (surtout si l’on n’est pas heureux). Il a repris l’exemple d’Hatsumi soke qui était très dur à une période de sa vie et est tombé très malade pendant 5 ans et, se voyant déjà mourir, a changé pour devenir plus joyeux.

le Budo, qu’il associe à la conscience divine, qui ne se pense pas mais se ressent. Il l’a aussi associé à mushin, bouger sans penser/réfléchir, sans volonté/force. Il a rappelé que Hatsumi soke décrivait souvent les arts martiaux comme un trésor pour l’humanité.

Voilà pour cette première journée, je publierai régulièrement des articles pendant tout mon séjour.
A bientôt les amis !
Damien

Rentrée 2025-2026

Bonjour,

J’espère que vous avez passé un bon été, et que vous êtes en pleine forme !

Il est temps de reprendre le chemin des tatamis (même si l’entraînement ne s’est jamais vraiment arrêté).

Voici quelques informations pour la rentrée

A Mennecy :

Nous avons changé de dojo, et aurons dorénavant 3 lieux d’entraînement :
Lundi et Mercredi au centre de Loisirs Joseph Judith. L’entrée se fait par le portail du stade Alexandre Rideau, aller jusqu’à l’escalier et descendre au sous-sol (attention, nous devons fermer le portillon à clés pendant les entraînements, prévoyez d’arriver à l’heure)
Samedi à l’école de la Sablière (entrée côté rue de la Sablière, par le portail roulant)
Dimanche (cours avancés) au gymnase intercommunal Nikola Karabatic, rue Louise de Vilmorin

A Soisy-sur-Seine :

Le forum des associations se tiendra ce samedi 6 septembre, de 9h à 14h, au gymnase des Meillottes.
Il n’y aura pas de démonstration cette année.
Les cours reprennent à partir du vendredi 12 septembre.


Au plaisir de tous nous retrouver sur LES tatamis !

Damien

Stage  » Ten Chi Jin  » avec Stéphane Ladegaillerie – 14 & 15 décembre

Bonjour,

Les 14 et 15 décembre, notre club accueillera un stage de Ninjutsu à Mennecy, animé par Stéphane Ladegaillerie, 15ème dan.
Il vous proposera une immersion dans le Ten Chi Jin (Ciel-Terre-Homme), pilier fondamental du Ninjutsu.

Informations pratiques

Dates : 14 & 15 décembre
Horaires : Samedi 10h30 – 18h | Dimanche 10h30 – 16h
Lieu : Salle Gilbert Franco, avenue de Villeroy, Mennecy

Tarifs

Deux jours : 70 €
Une journée : 40 €

Ne manquez pas cette occasion de progresser avec un enseignant qui a près de 40 ans de pratique, et de partager deux jours de pratique enrichissante dans une ambiance vivante et studieuse.
Que vous soyez débutant ou pratiquant expérimenté, ce stage s’adresse à tous les passionnés souhaitant approfondir leur art et leur compréhension du Ten Chi Jin.

Inscrivez-vous dès maintenant pour réserver votre place et rejoignez-nous pour vivre pleinement l’esprit du Ninjutsu !
https://my.weezevent.com/stage-ten-chi-jin-stephane-ladegaillerie

Au plaisir de nous voir sur le tatami.
Damien

Dates de reprise (septembre 2024)

Bonjour,

C’est demain la rentrée des classes, et avec elle la reprise officielle des cours de ninjutsu.

Les cours ne vont cependant pas tous reprendre cette semaine, du fait du forum à Soisy samedi prochain, et de la fin de travaux du gymnase intercommunal.

Voici donc le démarrage par cours et par salle :

Cette semaine

  • Lundi 02/09 20h : Salle Fanco – Mennecy
  • Mercredi 04/09 20h : Salle Fanco – Mennecy (seulement cette semaine)
  • Samedi 07/09 10h : Salle Fanco – Mennecy

La semaine prochaine

  • Mercredi 11/09 20h : Gymnase Intercommunal, rue Louise de Vilmorin, Mennecy
  • Vendredi 13/09 20h30 : Gymnase des Meillottes, Soisy-sur-Seine

Par la suite nous aurons le rythme normal (voir Horaire et tarifs)

A bientôt !
Damien

Rentrée 2024-2025

Bonjour, j’espère que vous avez passé un bel été.

Voici le temps de reprendre les activités
(même si l’entraînement n’a jamais vraiment cessé de tout l’été 😉 )

Forum des associations

Pour démarrer la saison, nous participons à deux forums des associations :
samedi 31 août à Mennecy (Parc de Villeroy, au niveau de l’Orangerie)
samedi 07 septembre à Soisy-sur-Seine (gymnase des Meillottes)

Nous avons déjà l’heure de la démonstration à Mennecy : nous passons de 17h à 17h15

Celle de Soisy n’est pas encore programmée, mais elle aura très probablement lieu en milieu d’après-midi.

Reprise des cours

Nous reprenons officiellement les cours :
– le 2 septembre à Mennecy
– le 13 septembre à Soisy-sur-Seine

Vous pouvez trouver, sur ce site, les renseignements sur les horaires et tarifs, ainsi que sur le déroulement des cours.

Si vous souhaitez découvrir notre art, le mieux est de venir sur le tatami pour un cours d’essai.
Pour cela il vous suffit de vous présenter à l’heure de début de cours, avec :
– des vêtements souples
– une paire de chaussettes propres
– un bouteille d’eau
– le questionnaire de santé rempli (pour une question d’assurance)
Télécharger le questionnaire de santé (personne MAJEURE) | (personne MINEURE)

Nouveautés

Cette année nous changeons de lieu pour le cours du mercredi, nous serons au gymnase (tout neuf !) de la Communauté de Commune Val d’Essonne, avec une grande et belle salle… dont la hauteur de plafond nous permettra de pratiquer le sabre sans risquer de percer le plafond !

Le nouveau t-shirt du club est en cours de réalisation, et il promet d’être de toute beauté, grâce aux talents de dessinateur de notre ami Roger.
Il devrait être prêt courant septembre, mais vous pourrez en commander un ou plusieurs dès la rentrée, en précisant votre taille S, M, L, XL, XXL (nous n’avons pas encore les tarifs définitifs, mais le prix d’un t-shirt sera compris entre 20 et 30€).

Au plaisir de nous (re)voir sur le tatami, ou en dehors !
Damien

Assemblée générale

Bonjour,

L’année scolaire se termine bientôt, et nous allons avoir l’Assemblée Générale du club.
Elle aura lieu le 06 juillet à 11h30, salle Franco à Mennecy.

Si vous ne pouvez pas venir, vous pouvez vous faire représenter en remplissant un pouvoir au nom d’une personne présente :

L’AG sera suivie d’un repas, où chacun amènera quelque chose.

Au plaisir de vous retrouver nombreux !

Damien

Day trip: Kamakura + Enoshima

Carnet de voyage, par Julia

Lors de chaque séjour au Japon, nous réservons un ou deux jours « off » (sans entraînement) pour sortir un peu de Kashiwa. Cette année, nous avons choisi de retourner à Kamakura, que nous avions déjà visité l’an dernier. L’endroit nous avait laissé un souvenir absolument délicieux : c’était donc une sorte de pèlerinage, une expérience à revivre et à savourer. Car oui, Kamakura est connu pour sa multitude de temples, et en plus d’être très sensibles à l’énergie spirituelle du lieu, notre repas du midi avait été une expérience proche de l’illumination.
(j’exagère un peu pour le côté lyrique, mais pas tant que ça non plus…)

BREF, nous voilà levés de bonne heure et de bonne humeur, et dans le train en direction de la côte. Au bout d’une heure, les énormes gratte-ciels tokyoïtes laissent la place à des petites maisons basses qui recouvrent des collines, parsemées de grosses touffes d’arbres et de quelques cerisiers au bord de leur floraison. Le Shônan est la région côtière juste au Sud de Tokyo, et c’est la destination idéale pour ceux qui veulent rapidement s’évader de la grande ville.

Nous arrivons en gare de Kamakura, et nous ne sommes manifestement pas les seuls car l’endroit est bien peuplé malgré une météo humide. Les konbini devant la gare nous permettent de rassembler nos esprits (= boire un café) et de s’équiper, car le temps est passé de grisaille à pluie fine. Je fais l’acquisition d’une sorte de poncho en plastique, que je choisis de placer par-dessus mon sweat-capuche et mon sac à dos : mon surnom pour la journée est tout trouvé, je serai Kamehime-sama (la Princesse Tortue).


L’itinéraire avait été établi à l’avance et nous nous en félicitons, car nous partons à l’opposé du flux de touristes. Les gars me font confiance (optimiste de leur part, vu mon niveau de swag), je dégaine Guguru-sensei pour retrouver le petit temple que j’avais repéré, et nous nous mettons en marche à travers des petites rues anonymes.

Après quelques pâtés de maisons aux jardins charmants, nous arrivons au temple Myōhō–ji, et la magie opère. Nous entrons dans l’enceinte du temple, la nature est partout, et nous nous faisons happer par le bruit de la pluie qui tombe le long des gouttières.


Le temple n’est pas dans un jardin, le temple est le jardin. Le lieu nous amène à nous taire, à écouter, à se laisser disparaître dans la verdure environnante. Nos pas nous emmènent vers la forêt, où grimpe un magnifique escalier en pierre recouvert de mousse.


La pluie fine qui continue à tomber renforce l’atmosphère mystique de la forêt, nous avons l’impression d’être seuls au monde, et explorons avec un ravissement contenu ce bout de montagne sacré.


Nous grimpons, les différents éléments du temple sont étalés à flanc de montagne. Chacun suit son rythme et sa curiosité, notre petite compagnie s’éparpille pour profiter de ces instants hors du temps. Chaque tournant du sentier dévoile un nouveau tableau, on a envie de tout prendre en photo tellement c’est beau.


Le moment s’imprègne en nous, en même temps que l’air mouillé et les odeurs végétales. On se retrouve tous ensemble au sommet du sentier, où nous attend une belle vue dégagée sur le paysage : la petite ville qui s’étale à nos pieds, l’océan en toile de fond.
C’est beau.
On est heureux.


Allez, c’est bien beau les temples et l’élévation spirituelle, mais nos ventres gargouillent et la prochaine étape de notre périple est tout aussi importante.

Une petite marche tonique achève de nous ouvrir l’appétit, nous sommes prêts à accueillir dans nos cœurs : le Tonkatsu Divin.


Nous avions découvert ce restaurant l’année dernière, et je dois l’avouer, le souvenir de ce délice a bien pesé dans la balance quant au choix de notre destination pour notre journée en goguette. Bref, on a vérifié, c’est toujours extrêmement délicieux.

On enchaîne sur une déambulation dans la rue commerçante de Kamakura, lieu idéal pour trouver des jolis souvenirs et se faire un petit bain de foule.
Cela dit, pas trop le temps de niaiser, notre prochaine destination nous attend. On reprend le train, sur l’emblématique Enoden, une ligne de chemin de fer électrique connue des passionnés et qui longe la côte en offrant une vue imprenable (et une proximité marquée avec les bâtiments qui longent la voie).





Le train nous permet de souffler un peu…

Next stop : Enoshima !


C’est une petite île aux pentes raides, balayée par les vents du Pacifique. Nous arpentons les rues en soufflant un peu (ça grimpe !), en admirant le paysage et les petits commerces. En dehors des chemins aménagés, la nature reprend vite ses droits, à coups de falaises et d’arbres penchés sous les rafales continues.


Il faut aussi faire gaffe à son sandwich, car des faucons rôdent (!) et n’hésitent pas à faire des piqués (!) pour venir choper les casse-croûtes dans les mains des touristes inattentifs. (L’année prochaine je prévois des moufles et je prendrai un snack exprès pour me le faire voler, je veux vivre l’expérience !)
Seul grand absent de ce jour : le Mont Fuji, qu’on peut normalement apercevoir depuis l’île. Malheureusement pour nous, malgré une bonne demi-heure passée à plisser les yeux pour essayer de deviner sa silhouette, il restera caché derrière les nuages…


Nous nous consolons avec quelques temples, joliment mis en valeur par la floraison printanière. La balade nous donne l’occasion d’apprécier les premiers sakura. D’ailleurs, lors d’une pause sur un banc bien placé, nous découvrons que nous ne sommes pas les seuls à nous régaler du spectacle : une bande d’écureuils s’affaire juste au-dessus de nos têtes, et grignote consciencieusement les fleurs ! Spectacle gracieux et réjouissant, ça doit être une période de festin pour eux 😊









Maintenant que nos pieds sont suffisamment endoloris et que notre soif d’aventure est quelque peu étanchée, nous retournons vers la gare. Reste néanmoins une dernière étape sur notre circuit, bien parti pour devenir une tradition annuelle : le ramen.


Exactement ce qu’il nous faut après avoir bravé les éléments, le bouillon est délicieux et le réconfort est total. C’est encore meilleur que l’an dernier, et rendez-vous est pris auprès du chef cuisinier (ramenier ??) pour qu’il nous montre ses nouveaux progrès l’an prochain ! Nous espérons pouvoir y retourner, encore plus nombreux, avec un maximum de copains qui viendront découvrir la magie des voyages au Japon 😊

Distance et posture justes

Être à la bonne distance et, plus généralement, être au bon endroit au bon moment.  

S’ajuster naturellement à notre environnement, être le plus en harmonie possible avec ce qui nous entoure, survivre et être le plus heureux possible.
Serait-ce le but du budo ? 

Pour paraphraser Nagato sensei, le budo et son but sont difficile à définir en quelques phrases.
Mais on peut au moins dire qu’il y a une méthode.

La méthode du budo, est d’abord de travailler et expérimenter sur le tatami à partir de techniques de guerre. 

On commence donc par apprendre à se positionner par rapport à uke, et le contrôler, par notre posture et notre déplacement, naturel et relaxé.
Dans le dojo de Shiraïshi sensei, l’accent est d’ailleurs mis sur la marche naturelle, qui va donner une technique faite avec le corps (taïjutsu), avec dans l’ordre : les pieds, la colonne vertébrale, les mains.
Comme l’ont rappelé les grands maîtres pratiquement à chaque cours, c’est cela qui va créer le déséquilibre, à partir duquel n’importe quelle technique peut se manifester. Dit autrement : ce n’est pas la technique qui crée le déséquilibre, mais le déséquilibre qui permet à la technique d’apparaître.

Cette étape de positionnement par rapport à uke intégrée, on se positionne par rapport à soi : avoir bonne posture, devenir l’axe autour duquel l’environnement s’organise. On entre alors dans le monde de Muto dori.
Muto dori, dont une traduction littérale approximative serait « contrôler sans sabre », était souvent défini par Soke, lors de ses cours, comme contrôler l’espace (c’est tout au moins la traduction qu’en faisaient ses interprètes).
Cela est différent d’essayer de voir, entendre, et gérer tout ce qu’il y a autour de soi, qui va disperser le mental, et a de quoi épuiser, voire rendre fou, à tout vouloir contrôler.
Je comprends « contrôler l’espace » plutôt comme un état d’être qui va faire que tout s’organise naturellement autour de soi (en faisant confiance aux kamis, diraient peut-être les shintoistes). 

Et enfin on applique notre positionnement dans notre vie : être là où l’on doit être, naturellement et sans tensions, et sans créer de tension autour de soi. C’est notre univers tout entier qui s’organise par rapport à qui nous sommes. 

Ce n’est d’ailleurs probablement pas un ordre chronologique.

Et peut-être serait-il plus juste de l’envisager comme une hélicoïde : on parcours les trois étapes, qui se nourrissent les unes les autres et on se retrouve au même point, comme si l’on avait parcouru un cercle… mais quelques degrés plus haut. 

Et l’ on refait un tour, puis un tour, puis un tour etc, inlassablement comme l’on polirait un joyau.

Alors polissons en chœur (cœur ?), et le plus joyeusement possible !

Damien

Quelques histoires à propos de Hatsumi soke

Voici quelques anecdotes racontées par divers Daï Shihan* (et qui sont maintenant les Soke de diverses écoles), à propos de Hatsumi soke.
J’ai l’espoir que, non seulement elles sauront vous divertir, mais aussi vous donner à penser.

Masaaki Hatsumi, soke du Bujinkan

Soke était autrefois un homme colérique, il s’emportait facilement (il se serait même déjà battu avec des policiers, heureusement sans grande conséquence pour lui).
Mais au fil du temps, il a appris à se maîtriser et est devenu plus tempéré.
Il dira plus tard qu’il a appris cela de ses élèves. En effet, il considérait qu’il avait autant de professeurs que d’élèves : l’avantage quand on enseigne, c’est qu’on pratique avec tout le monde, et l’on peut donc apprendre de tous.
S’entraîner avec de nombreux élèves différents est donc un bon moyen de progresser techniquement, mais aussi humainement.

Soke ne ménageait cependant pas ses élèves : à l’époque ils pratiquaient dans une salle de 2×4 tatamis avec, d’un côté une baie vitrée coulissante… et il leur faisait faire des ukemi par dessus un sabre qu’il leur envoyait dans les jambes !
A l’un de ses premiers entraînements, le Daï Shihan raconte qu’il y avait un élève, un militaire un peu “bourru”, qui venait quand son service le permettait… et la première fois qu’il l’a rencontré, cet élève lui a déboité l’épaule sur une technique ! Soke s’est approché, a un peu râlé après l’élève, et a remis l’épaule en place le plus naturellement du monde.
Une autre fois, alors que Soke faisait passer un sakki test dans ce petit dojo, l’élève ayant déjà raté 2 fois, Soke a décidé de le faire avec un vrai sabre pour que l’élève sente mieux le danger (!). Et au moment précis où il allait abattre son sabre, l’électricité a sauté et ils se sont retrouvés dans le noir !
L’interprétation du Daï Shihan est que “l’énergie de Soke était trop puissante et trop concentrée pour une si petite pièce ” (l’histoire ne dit pas si l’élève a finalement eu son 5ème dan !).

A un autre des Daï shihan qui, à l’époque, venait d’intégrer le Bujinkan, Hatsumi Soke a demandé: “ Si je te demande de mourir, le feras-tu ?”.
L’élève ne sut que répondre. Il ne voulait pas donner une réponse qui ne soit pas complètement authentique, il ne pouvait pas mentir à Soke. Il a donc juste dit  “Je ne sais pas”.
Pendant des années, il a souvent repensé à cette question.
Il y a quelques années, soit une quarantaine d’années plus tard, il a reparlé à Soke de cette conversation… et celui-ci n’en avait plus le moindre souvenir !
Ce devait être une question sur l’instant, une fulgurance oubliée aussi vite qu’elle était sortie, mais qui aura eu le mérite de faire réfléchir l’élève à propos de son engagement. Il est d’ailleurs encore là, enseignant toujours près de 50 années plus tard.
(et nous a précisé qu’il ne savait toujours pas répondre à cette question!).

Ce même Daï Shihan nous raconte que Soke est un homme très positif, mais qu’avant, il était toujours très sérieux, très occupé et stressé.
Puis il est tombé gravement malade et a mis cinq années à s’en remettre. Cela a eu de profondes conséquences sur son attitude : il a alors décidé de ne plus se stresser et d’être toujours positif.

Ce n’est pas pour autant quelqu’un de gentil : “ Seuls ceux qui ne le connaissent pas bien, disent de lui qu’il est gentil ”. Il pouvait d’ailleurs être très effrayant sur le tatami.
(Takamatsu sensei, qui était lui-même un homme sévère et effrayant, était d’ailleurs extrêmement gentil avec Hatsumi).
De ce que j’en comprends, Hatsumi sensei n’était ni « gentil » ni « méchant » (même si notre cerveau aime beaucoup ranger les choses et les gens dans des cases), je pense qu’il faisait ce qu’il estimait juste, que ça implique de trancher dans le vif, ou de rire de façon tonitruante dans le dojo après une blague grivoise !

Il ne s’agit pas de faire un culte de la personnalité – Soke n’était pas un saint, ni un ascète austère comme l’on pourrait imaginer un grand maître d’arts martiaux – mais on peut apprendre à la fois de son art et de sa vie.
Et l’on peut remercier Soke d’avoir consacré sa vie à apprendre et à intégrer les 9 écoles de guerre qui lui ont été transmises, d’en avoir tiré l’essence du budo sous le nom de “ninjutsu”, et d’avoir créé le Bujinkan.
Ce budo, par une lignée de filiation, en passant par Arnaud Cousergue et Cedric Dehlinger, est arrivé jusqu’à nous.
Il nous permet de passer des moments extraordinaires sur et hors tatami et, je le crois, de devenir de meilleurs êtres humains, plus équilibrés et plus heureux. 

Et pour cela nous pouvons être extrêmement reconnaissants.

Damien

*J’omets volontairement de préciser qui a raconté quoi, ceux qui les connaissent bien reconnaîtront peut-être les auteurs de ces histoires (que ma mémoire ne trahira pas trop j’espère).