Japon 2026 – Deuxième jour

Après une vraie nuit de sommeil, c’est un peu plus frais que j’ai pu aborder la deuxième journée, pour participer à deux cours : celui de Shiraïshi sensei le matin, et celui de Tedzuka sensei le soir.

Cours avec Shiraïshi :

Comme toujours, sensei accueille tout le monde par un grand sourire… et des bonbons (pre-training carbs !)

Le cours débutant à 10h, on commence logiquement à s’entraîner « pour s’échauffer » à 9h30 !

En résumé, nous avons revus les fondamentaux des cours de Shiraïshi sensei : marcher, et laisser la marche créer des ouvertures et des possibilités de développement (pour tori bien sûr… parce que pour uke ça ferme plutôt les options !).

On a travaillé à partir de différentes actions de uke : saisie (ou plutôt tentative de saisie) d’un ou des deux poignets, saisie coude et revers du keikogi (saisie type judo), jodan tsuki.

Un des élèves américains, qui venait lui aussi d’arriver au Japon a posé des questions sur le travail / la méthode d’entraînement de Shiraïshi sensei, et sur ce qu’il a appris de Hatsumi soke.
Nous avions la chance d’avoir notre ami Joshua (américain, mais vivant au Japon et parlant couramment la langue!) pour traduire, donc sensei a parlé plus que d’habitude et a développé la logique et les éléments principaux de son travail.

Quelques points clés qu’il a abordé :

  • Il avait son cours le lendemain de celui de soke, ce qui lui permettait de travailler un ou deux points qu’il avait capté la veille.
  • En observant comment soke marchait (y compris dans la rue) il en a tiré sa façon de bouger et de décomposer le mouvement « foot-spine-hand » (pied-colonne-main). Le fait de bouger le corps, que ce soit en transférant son poids d’un pied à l’autre ou en tournant les épaules, va entraîner le mouvement des mains.
  • Il est important de comprendre la ou les idées derrière un kata, parce que dans la réalité les choses ne se passeront pas comme dans le kata, ça n’a donc pas de sens de savoir le reproduire parfaitement. Chaque kata sert à comprendre un ou plusieurs points/concepts/principes.
  • Il faut créer un déséquilibre chez uke avant d’appliquer quelque technique que ce soit. La « technique » n’est qu’une suite logique du déséquilibre d’uke et exploite celui-ci (idéalement, uke ne doit même pas se rendre compte qu’il est en déséquilibre, jusqu’à ce qu’il soit trop tard)
  • Si on décide d’utiliser une certaine technique, on ne sera pas en mesure de l’appliquer, parce qu’on est trop fixé sur « je veux faire ça », et non sur ce qui se passe sur le moment.
  • Réfléchir pendant l’action crée une crispation et ferme les possibilités
  • Le fait de marcher permet de saisir les opportunités quand elles se présentent, sans préméditer, sans rien avoir en tête.
  • Il vaut mieux comprendre la façon de faire, une suite de mouvements simples, qui va faire naître ce qu’on appellera des « techniques », plutôt que d’apprendre une collection de techniques.
  • Tori est donc libre quoiqu’il arrive et peut aller dans toutes les directions selon ce qui se présente. Cela permettrait d’atteindre le plus haut niveau de pratique, le Juppō Sesshō (je ne suis pas certain de ce dernier point)
  • Le dojo est un lieu où l’on est en sécurité (d’où l’importance de s’entraîner avec des amis), et donc l’endroit où on peut (doit?) faire des erreurs, pour progresser.
  • Surtout ne pas reproduire ce que fait Shiraïshi sensei (ou tout autre sensei), mais comprendre les points clés, comment il a construit l’enchaînement qu’il a montré, pour pouvoir créer soi-même
  • Hatsumi soke le disait lui-même : il ne voulait pas des gens qui copient des technique, mais plutôt des gens qui copient un niveau humain, des personnes capables de penser par elles-mêmes, de créer par elles-mêmes.

Cours avec Tedzuka :

En guise d’échauffement, nous avons pratiqué différents katas :
Gohō no kata : omote gyaku, ura gyaku, omote henka, musha dori, musō dori, et le fait de les combiner, en passant d’omote à ura en cours de route.
Sanpō no kata : à partir de ichimonji no kamae (posture en forme de n°1), jumonji no Kamae (posture en forme de N°10), hichô no kamae (posture de l’oiseau)
On enchaîne les formes de façon dynamique, sans s’appesantir dessus, pour préparer le corps, et mettre le mental de côté.
Tedzuka sensei nous a notamment rappelé l’importance d’avoir les épaules relâchées et mobiles, pour un contrôle sans force (et je profite de l’occasion pour remercier Cédric dans un premier temps, et Stéphane actuellement, pour nous avoir formés à travailler de façon subtile et sans force… ce n’est pas le cas de tous les pratiquants du Bujinkan)

Puis nous avons travaillé la yari (la lance) avec uke armé d’un sabre.

Tedzuka sensei en a profité pour nous montrer que les distances changent mais que les principes restent les mêmes.

Il a rappelé que Hatsumi soke disait souvent : travaillez les armes comme si vous étiez à mains nues, et travaillez à mains nue comme si vous aviez une arme (traduction approximative 😉 )


Voilà pour ce deuxième jour.

A bientôt pour la suite (plus ou moins quotidienne) de mes aventures nippones !
Damien

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